L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Pumpkin nous parle ici de son coup de coeur pour le deuxième film de Rob Zombie sorti récemment dans les salles,
The Devil's Rejects.
Il y a des films dont on n’aurait pas pu prévoir l’arrivée et qui au final se révèlent être de petites perles fantasmées.
The Devil’s Rejects, de Rob Zombie, est de ceux là. Véritable perle de contre culture faite par un cinéphile pour les cinéphiles, ce violent road movie qui furète vers d’autres genres comme le western ou l’horreur est un véritable bonheur pour tout amoureux du cinéma de genre normalement constitué. Après un premier film bancal et incertain (
The House of 1000 corpses), Zombie livre une bande en passe de devenir culte. Excellent.
Le premier volet était un véritable hommage aux grands classiques de l’horreur sous forme de train fantôme rapide et décomplexé mais qui pêchait par son côté farce clownesque et sa tendance au style MTV regrettable. Virage réussi pour Zombie qui réussit avec cette suite indépendante un véritable film de tarés, viscéral et pourtant si drôle à la fois. Cela passe par des choses simples : une mise en scène inspirée, une esthétique très Western, une B.O rétro dans le plus pur style country, des dialogues savoureux, un casting magistral (nous y reviendrons) et une violence paroxystique.

Le film commence fort avec une fusillade anthologique quoiqu’un peu illisible par moments. Le film est vite posé et prône dès le début le plaisir immédiat. Puis un générique à base de stop cuts qui a pour le mérite de faire progresser la narration tout en étant jouissif dans son approche et sa musique. Tyler Bates est à la bande originale et signe encore une fois un morceau d’anthologie (il avait déjà signé la B.O du remake de Zombie : L’armée des morts). Otis et Baby, les deux enfants se retrouvent donc dans un motel délabré à attendre leur père, et décident donc de prendre deux couples en hotage. La violence est immédiatement présente dans de nombreux états : Balle dans la tête d’un pauvre homme qui en fera vomir un autre, nudité, sévices sexuels ( pistolet dans le vagin etc …). Relecture vitaminée du Salo de Pasolini ? Non, simplement plaisir coupable et sadique pour le spectateur, renforcé par l’hystérie collective qui fait plaisir à voir. A aucun moment
The Devil’s rejects ne cherche à faire peur au spectateur : le mal est vu de l’intérieur par nos 3 héros fous ce qui à défaut d’être moral est purement jouissif. La violence est souvent traitée avec ironie froide qui fait plaisir au spectateur : entendre Otis dire à Adam : « Mon flingue sent la chatte de ta femme. J’espère qu’il va pas rouiller » provoque l’hilarité du spectateur alors que ce genre de trouvailles est purement immoral.