1. >
  2. >
  3. >
  4. >Battle For Haditha : Entretien [page 3]

Battle For Haditha : Entretien [page 3]

Par David A. - publié le 29 janvier 2008 à 04h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h41 - 0 commentaire(s)
Dans le film, les militaires sont très isolés. ils vivent entre eux, il n'y a pas de contact réel entre eux et la population...
NB: On a recréé les baraquements dans lesquels vivent les Marines. On s'est intéressé à la vie des soldats, leur programme quotidien. Ils n'ont pas de relation avec les civils, ils vivent en circuit fermés.
EM: En patrouille personne ne parle aux civils, sinon c'est là que le drame arrive. Vous devez maintenir les distances. Vous ne pouvez pas vous permettre d'entmer des relations amicales car on ne sait jamais. On doit maintenir cette barrière entre nous et les civils pour que la situation soit stable. Il y a beaucoup de réflexion autour de ce que l'on fait, comment on le fait, l'entraînement, le mode de vie, etc. On théorise sur la guerre depuis la nuit des temps, si les militaires sont toujours coupés de la population civile, qu'ils vivent en circuit fermé, ce n'est pas à caude d'évènements récents, c'est à cause de cet enseignement militaire, de ses apports.



Vous avez l'habitude de réaliser des documentaires, pourquoi avoir choisi de traiter cette histoire par le biais de la fiction? Les méthodes sont-elles foncièrement différentes?
NB: Cette question a avoir avec la narration. J'avais envi de m'attaquer au problème de la narration. En même temps avec le documentaire, j'avais déjà appris à structurer mes films. Pour Battle fir Haditha on a essayé de recréer les conditions les plus rélistes possibles, en un sens c'est mon côté documentaire qui ressort à travers cet aspect. Malgré le statut de film de fiction, je ne me suis pas vraiment éloigné de mes habitudes. Je n'avais pas envi de me retrouver avec un tas de gosses sortis tout droit d'une école d'art dramatique. J'ai préférais travailler avec de vrais soldats, des gens qui savent ce qu'est tenir une arme, tirer, vivre en petite unité dans un environnement hostile. C'était important pour la crédibilité du projet. Le film a été un énorme challenge, c'était un film compliquer à faire.

Pensez-vous que votre film permettra une évolution des mentalités autour du conflit irakien? En Europe la situation très tendue au Moyen-Orient nous est plus familière. Depuis les années 70, depuis les premiers attentats, nous sommes alertés des problèmes qui se nouent dans cette partie du monde. Comment analysez-vous cela?
NB: Oui je pense que c'est la première fois où le point de vue irakien est véritablement abordé et approfondi. Dans la psyché américaine les irakiens sont tout simplement assimilés à l'ennemi, non civilisés, non éduqués, des gens sales à qui on ne peut pas faire confiance. Battle for Haditha est comme un cri contre cette façon simpliste et tronquée de voir la réalité.
ER: Avant les américains ne connaissaient rien aux conflits qui agitent le Moyen-Orient. Car ça ne nous affecté pas. C'était trop loin. mais le 11 septembre 2001 a complétement bouleversé cette ignorance.

Votre point de vue a changé en préparant ce film?
ER: Non, mon point de vue a changé avant, mais c'est pour ça que j'ai fait ce film. A dix-sept ans j'ai presque perdu ma jambe (dans le film, le personnage montre une grande cicatrice sous sa cuisse, NDR). Cela m'a fait réfléchir sur la guerre, j'étais encore qu'un gosse. J'ai quitté l'armée dès que j'ai pu. Avec ce film j'ai pu exprimer ce que je ressentais vis-à-vis de cette guerre.
EM: Pour moi, c'est pareil. J'ai voulu quitter les Marines dès le moment où je ne comprenais plus pourquoi on était là. Je ne voulais plus combattre pour une cause que je ne comprenais plus. Cela m'a aidé à sortir de là. L'expérience du film n'a fait que confirmer mes sentiments à ce sujet.



La toute première phrase du film énoncée par l'un des soldats est: "pourquoi on est la?". C'est toute la problématique du film. Le film n'apporte aucune réponse...
NB: Non, en effet il n'y a pas de réponse.
Vos réactions


logAudience