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Be Happy : Inteview De Mike Leigh [page 3]

Par Kevin Dutot - publié le 27 août 2008 à 03h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h43 - 0 commentaire(s)
Pouvez-vous nous parler de la prestation de Sally Hawkins... C’est certainement terriblement difficile de tourner plusieurs mois avec un sourire naturel, le rire au bord des lèvres et avec une énérgie aussi communicative.
Avant tout, je n’écris pas moi-même mes scénarios, ce n’est donc pas moi qui ai imaginé Poppy... Et Sally était présente dans les deux derniers films que j’ai réalisé : Vera Drake et All or Nothing, et ayant vraiment apprécié sa prestation dans ces deux métrages, je me suis dit qu’il était temps de la mettre au centre d’un film et de lui offrir l’occasion de créer un personnage qui porte un film entier. Grâce à son gigantesque talent et son énergie démesurée, sa grande générosité et son excellent sens de l’humour, Sally et son goût pour la vie ont apporté énormément à Poppy. Ce fut vraiment bien de travailler avec elle car elle n’est absolument pas égoïste ou narcissique... Et vous avez raison de dire qu’il est difficile de tenir pendant plusieurs semaines avec cette énergie-là car c’est un personnage particulièrement complexe à tenir et à rendre constant. Mais une fois de plus il ne s’agit pas simplement de pouvoir jouer ce sentiment de bonheur mais tout un tas d’émotions différentes à différents niveaux. Elle mérite tout à fait son Ours d’Argent à Berlin et j’espère qu’elle remportera d’autres prix.



On a le sentiment que le film s’est énormément construit autour de scènes improvisées... Est-ce le cas ?
Tous mes films, celui-ci également, sont un mélange de préparation et d’improvisation totale. C’est comme ça que ça marche... On improvise énormément durant les répétitions ce qui permet de reconstruire perpétuellement le scénario. Cependant, la scène finale, celle qui est tournée, est tout à fait rédigée de manière très précise mais elle possède en elle sa nature improvisée que nous lui avons offerte durant les préparations.

Y-at-il eu une séquence particulièrement dure à tourner pour les comédiens... Où il fallait jouer sur plusieurs registres à la fois ?
Pas réellement... La vérité c’est que le jeu demandé aux comédiens se basait principalement sur leurs capacités de jeu. Ce n’était pas un film où l’on demandait aux acteurs de venir réciter leur ligne quelques minutes et que l’on renvoyait aussitôt dans leurs caravanes. Nous étions dans de la création pure et sérieuse. Donc dans un certain sens, toutes les scènes furent difficiles à tourner car il n’y a pas de compromis possibles. Les scènes de cours de conduite furent complexes car nous les avons tournées en extérieur et les acteurs sont véritablement en train de conduire la voiture donc techniquement ce fut un peu périlleux. Nous avions une combinaison de vraies caméras et de petites caméras haute-définition. Et dans ces films à petit budget, le vrai problème c’est certainement le manque de temps. Tout doit être fait le plus rapidement possible ce qui ajoute une pression fantastique.



Propos recueillis par Kevin Dutot
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