L’AVENTURE DU NOUVEAU MILLENAIRELe cinéma des années 1990 n’a pas vraiment connu de grands aventuriers. Si Bruce Willis tente honteusement une percée dans le milieu avec le terrifiant
Hudson Hawk (le bide total du film en refoidira plus d’un), la perte d’Indiana Jones marque cruellement un vide dans le genre. Il faudra attendre les années 2000 pour replonger à nouveau dans les quêtes les plus incroyables et les plus spectaculaires du cinéma d’aventure. C’est donc avec
La Momie de Stephen Sommers que le cinéma d’aventure américain reprend des couleurs... Hommage au cinéma d’horreur de la Hammer des années 1950 et pur divetissement d’aventure proprement jouissif, ce premier épisode d’une trilogie à venir est une véritable réussite dans le genre et donnera des idées aux producteurs d’Hollywood. Si le film manque cependant d’un héros véritablement charismatique, on retrouve ici tous les codes du genre : humour, action, dépaysement, chasse au trésor et confrontations de personnalités sont au rendez-vous. Si sa suite directe ne parviendra pas à convaincre les spectateurs et la presse, il faut cependant reconnaître à ce début de franchise une profonde honnêteté et authenticité dans le projet et les ambitions... Car ce n’est certainement pas avec les catastrophiques Tomb Raider que le cinéma d’aventure pourra redorer son blason...

C’est alors que Benjamin Gates débarque... Le nom sonne comme Indiana Jones, il ressemble à Indiana Jones, il a la classe comme Indiana Jones mais bizzarement Benjamin Gates n’est pas Indiana Jones. Si le film et sa suite sont certainement les meilleures fausses adaptations possibles du jeu vidéo cité plus haut, on se délecte de l’invraisemblance totale de leurs intrigues et le manque de crédibilité historique parfois coupable. On espère simplement que les jeunes américains n’apprennent pas l’Histoire à partir de ces deux films... En effet, ce qui manquera éternellement et cruellement à la franchise Benjamin Gates, c’est cette part de vérité et d’authenticité que les Indiana Jones ont toujours prôné. On pourrait d’ailleurs à partir de
la Dernière croisade et
l’Arche Perdue écrire toute une thèse sur la réappopriation des grands mythes par l’Allemagne nazie. Car notons que les allemands sont bien partis à la recherche du Saint Graal, de l’Arche, de l’Atlantide ou encore d’Excalibur dans l’espoir de légitimer le pouvoir du dirigeant, Adolf Hitler... Difficile de trouver une quelconque vraisemblance dans Benjamin Gates, ni même une once de vérité. Dommage...

Nous attendons donc avec impatience le seul et unique aventurier pouvant remettre au goût du jour le genre du cinéma d’aventure et lui remettre ses lettres de noblesses. Si Benjamin Gates est un amuse-bouche peu désagréable, il constitue néanmoins un ersatz du personnage créé par George Lucas et Steven Spielberg. Si Benjamin Gates fonctionne et attire les foules, c’est avant tout dans l’espoir secret d’y retrouver le temps de quelques secondes ces émotions fortes vécues devant la trilogie Jones... Mais chers cinéphiles internautes, il n’y a plus longtemps à attendre. Cela va être grandiose et l’aventure pourra à nouveau s’écrire avec un grand A. Puisqu’on vous le dit...