Par La Rédaction - publié le 08 mars 2010 à 15h02
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Du garçon de La vie est un long fleuve tranquille au militaire tourmenté de l'Ennemi intime, Benoît Magimel a fait du chemin jusqu'à devenir l'un des visages incontournables de sa génération, avec Romain Duris. De ces acteurs qui, au fil des rôles, se sont imposés sans tapage et avec un sérieux qui ne se dément jamais. De Chabrol à Siri en passant par Haneke, Magimel s'est fondu à bien des univers, à différents aspects du cinéma français, du plus commercial (Les chevaliers du ciel, les Rivières pourpres 2) au moins évident, notamment avec Siri qui représente avec d'autres de la génération montante (Olivier Dahan), l'émergence d'un cinéma d'un nouveau genre, entre un véritable style d'auteur et une volonté de demeurer intéressant pour le grand public (équilibre que savait maintenir quelqu'un comme Kubrick ou en ce moment, P.T Anderson). Magimel accompagne dans sa carrière d'acteur toutes ces évolutions, le cinéma français dans ce qu'il a d'attendu et de conventionnel (Les Enfants du siècle, La fille coupée en deux) à ce qu'il promet de meilleur (Nid de guêpes).


UBER CLASSE


La Vie est un long fleuve tranquille (d'Etienne Chatiliez)
Au commencement était donc Momo Groseille, enfant attribué par erreur à une famille prolétaire dans La vie est un long fleuve tranquille. Comme toujours avec Chatiliez, la fable est attachante et corrosive. Le jeune Benoît y est surtout d'un naturel assez désarmant (il n'avait alors que 14 ans).

 

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La Pianiste (Michael Haneke)

C'est dans La Pianiste de Michael Haneke, que Benoît Magimel explore une psychologie troublée, la perversité d'une femme sado-masochiste, magistralement interprétée par Isabelle Huppert, glaçante et glacée.  Dans l'univers cruel et dur du cinéaste, l'acteur est d'une sobriété exemplaire, totalement à l'écoute de cette femme énigmatique dont il tombe amoureux (le pauvre !). Elle est une voyeuse à la sexualité morbide et détraquée et va l'entraîner dans sa spirale. L'étrange passion qui les unit devient alors fascinante et dérangeante (propre du cinéma d'Haneke). La névrose d'Huppert est spectaculaire et Magimel, en voulant l'approcher, va s'y brûler. Le moteur du film et du personnage sont la souffrance et la frustration d'un amour voué à l'échec. D'une certaine manière, le jeune Walter traduit nos impressions et notre malaise de spectateurs devant cette femme belle et totalement prisonnière d'elle-même. Il ressent pour elle une attirance dangereuse, un désir étrange comme une pulsion autodestructrice. L'acteur et sa partenaire furent récompensés de prix d'interprétation à Cannes.

 

 


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