Par Nicolas Lemâle - publié le 11 avril 2008 à 05h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h11 - 0 commentaire(s)
MOTHER OF TEARS (Italie, Dario Argento) 1/10
La rédaction vous en déjà parlé lors de la présentation du film à Gérardmer, et impossible de ne pas vouloir en rajouter une couche après projection : si on pouvait excuser les ratages de Card Player et du Sang des Innocents, qui passaient inaperçus vus leurs titres passe-partout, il n’en est pas de même lorsqu’on évoque la trilogie des trois mères, débutée par Dario Argento avec Suspiria et Inferno il y a plus de vingt-cinq ans. La sortie du premier volet en DVD avec copie restaurée permet de mesurer le gouffre qui sépare ce chef d’oeuvre du nouveau ratage perpétré par un ex-grand cinéaste en totale perte de moyens. Manque d’argent ? Je-m’en-foutisme ? Toujours est-il que rien n’excuse Mother of Tears, récit grand-guignolesque et involontairement drôle de l’arrivée à Rome de la « Troisième mère » (un top model inexpressif aux gros seins). Asia Argento, une fois de plus dirigée de manière ambiguë par son père – elle n’est jamais aussi mauvaise que dans ses films, et s’y déshabille régulièrement -, est trimballée d’un bout à l’autre de la ville dans ce qui se voudrait être une histoire apocalyptique, mais qui n’est au bout du compte qu’un nanar psychotronique rappelant les méfaits Bruno Mattéi. Argento délaisse totalement l’onirisme et la somptuosité graphique de ses meilleurs films pour continuer ses excès de gore crapoteux, devenus sa nouvelle marque de fabrique. Dans Mother of Tears, on crève donc les yeux avec entrain, on étrangle des innocents avec leurs intestins, on coupe des bras, des têtes, et d’autres choses encore moins avouables. Mais le tout de manière totalement gratuite, sans que cela ne soit jamais utile ni pertinent pour le récit. Une telle overdose de méchanceté passerait inaperçue dans un rayon de vidéoclub. Mais d’Argento, on attendait tout de même un propos plus ambitieux. Peine perdue. Mother of Tears est à l’image du morceau de métal qui couvre le générique de fin : criard, hors propos, kitsch et totalement ridicule.


SHADOW SPIRIT (Japon, Masato Harada) 4/10
Produit totalement inexportable et difficilement résumable, Shadow Spirit fait partie de ces curiosités asiatiques qui hantent les festivals du monde entier, sans aucun espoir pourtant que ces longs-métrages sortent un jour en Occident. Sorte de film noir fantastique, garni de digressions philosophiques, de flash-backs guerriers et de références graphiques au courant cyberpunk (rien que ça !), Shadow Spirit démarrait pourtant bien, avec l’entrée en scène d’un personnage de médium faisant revivre leur passé à ses interlocuteurs. Très vite, les intrigues s’accumulent, et l’on croise alors un exorciste retiré sur sa montagne, un auteur de livres d’horreur timbré, un savant fou, une femme sans membres, des clones... Autant vous dire que l’auteur de ces lignes n’a pas tout compris à ce qui se passait sur l’écran ! Voilà un titre qui mériterait bien un livret explicatif lors de sa sortie en DVD. Mais bon, d’ici à ce qu’il sorte chez nous...


JACK BROOKS, MONSTER SLAYER (USA, Jon Knautz) 7/10
Annoncé à grands renforts de flyers durant le festival, Jack Brooks : monster slayer est sans conteste l’un des grands plaisirs coupables de la quinzaine. Animé, comme Doomsday, d’une volonté féroce de revenir à l’esprit d’innocence des films fantastiques des années 80, Jack Brooks marque l’arrivée sur nos écrans d’un nouveau anti-héros avec de sérieux problèmes de comportement, puisqu’il se met souvent très en colère pour rien. Jack a il est vrai vu ses parents et sa soeur mourir lorsqu’il n’était qu’un enfant. Attrapés par un monstre des bois. Jack l’a vu, mais à force de ne pas être cru par son entourage, il a fini par se persuader du contraire. Du coup, malgré son métier de plombier, il n’est pas heureux. Tout du moins jusqu’à ce qu’il ait affaire à un véritable monstre... Dans le rôle du professeur possédé par un coeur maléfique, Robert Englund est l’une des grandes attractions de Jack Brooks. Dans un numéro de slapstick irrésistible, l’interprète de Freddy s’en donne à coeur joie, et a visiblement eu carte blanche pour pousser son personnage rotant et vomissant à qui mieux mieux jusque dans ses derniers retranchements. Ce monstre extraverti sert de contrepoint idéal au renfrogné Jack, incarné par Trevor Matthews, qui découvre sa vraie nature en combattant ces monstres pas beaux dans un dernier acte un peu expédié. Le côté caoutchouc et les créatures toc sont totalement assumés, et petit à petit, le charme agit. L’épilogue laisse d’ailleurs augurer un destin « serialesque » pour le plombier chasseur de monstres. On serait ravi de le retrouver pour de nouvelles aventures...


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