CATEGORY III
Les catégories III étaient à l’honneur cette année au NIFFF. Présentée par Julien Sévéon, journaliste pour Mad Movies et auteur du livre "Category III : sexe, sang et politique à Hong Kong", cette sélection de films qui réussissait habilement à concilier les attentes des fans (voir
Ebola Syndrome et
Story of Ricky sur grand écran) et la découverte d’un genre dégénéré pour les autres, a constitué l’un des moments essentiels du festival.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, la catégorie III (littéralement "interdit aux moins de 18 ans") regroupe des films HK qui seraient inacceptables s’ils n’étaient pas aussi décomplexés et drôles, toujours réalisés en réaction au politiquement correct. On y voit généralement des crimes, des viols, de l’érotisme, du cannibalisme, du machisme, de la misogynie, de la morale bafouée, du mauvais goût et chaque film témoigne de l'ambiance qui règne à Hong Kong. Au Nifff, on a pu voir des standards (
Ebola syndrome,
Story of Ricky, qui continuent de marcher sur le public de manière hallucinante) et des cat III plus rares, comme
Viva Erotica, de Tung-Shing Yee, avec Shu Qi, Leslie Cheung et Bosco Lam, une approche presque théorique du genre en suivant le parcours existentiel d’un réalisateur contraint de réaliser des films érotiques. On en apprend plus sur le genre qu’on profite réellement d’un spectacle déviant. Mais quelques idées de mise en scène et les clins d’œil, aussi bien à la catégorie III qu’à
Orange Mécanique, séduisent sans problème tout cinéphile qui se respecte. On ne peut que remercier les organisateurs pour avoir eu l'idée d'une telle section, en espérant qu'elle soit renouvelée l'année prochaine. On saluera également la rétrospective William Castle dont les films favorisaient le ludisme et instauraient un climat d'angoisse dans la salle de cinéma. Ainsi, pendant les séances, des artifices ont été installés pour raviver la peur de la grande époque. Par exemple, lors de la projection de
The Tingler, il se passait dans la salle exactement ce qui se passe dans le film avec l'intrusion d'une bestiole qui agresse les spectateurs. Les dix dernières minutes furent un immense foutoir où chacun s'amusait à balancer la bestiole en plastique sur son voisin. C'est une autre des grandes réussites de cette neuvième édition du NIFFF.