Brett Ratner est incontestablement le pire yes-man qu'Hollywood ait enfanté depuis l'aube de l'humanité. Prêt à tout le mec ! S'il a peut-être quelques milliers de fans à travers le monde, il a en tout cas beaucoup de millions de non-fans à travers l'univers.
Les hostilités ont commencé en France le 15 juillet 1998 avec la sortie d'
Argent Comptant (
Money Talks), un buddy movie littéralement insupportable où Chris Tucker, clone navrant d' Eddie Murphy, tente d'arracher quelques sourires forcés aux spectateurs à coups de grimaces énervantes et de gesticulations outrancières à en gêner Michel Leeb. Mais la fausse énergie de la réalisation a permis au père Brett de récupérer
Rush Hour, le film qui lança définitivement Jackie Chan aux Etats-Unis. Avec son look propret, ses vannes aseptisées, ses scènes d'action non novatrice (mais impressionnante pour ceux qui ne vont qu'une fois tout les dix ans au cinéma), et son racisme "anti-jaune" bon enfant qui ont offusqué les vrais fans de Jackie Chan,
Rush Hour a tout d'un produit pour un prime time télé. Du genre à faire écrire à des critiques fatigués de la vie : "une bon film de divertissement pour les longues soirées d'hiver" et aux faux cinéphiles : "oh, moi, j'ai passé un bon moment". Le seul intérêt de Brett Ratner sur ce
Rush Hour 1 est qu'il a su s'entourer de bons techniciens, mais qui, tous, n'y vont jamais à fond. Comme s'ils savaient qu'ils faisaient de la soupe tiède. Y compris le formidable Lalo Schiffrin qui semble faire du sous lui-même avec un score déplorable bien loin de ses partitions cultes pour
Mission Impossible version télé où pour les
Inspecteurs Harry.
Toujours est-il que
Rush Hour fait un tel score au box office mondial que Brett Ratner est considéré par ces crétins de comptables hollywoodiens comme étant le nouveau Dieu sur terre. La preuve : on lui donne aussitôt
Rush Hour 2 à emballer. Autre preuve que Ratner n'est pas un auteur : il signe le contrat dans la seconde plus intéressé qu'il est par le gros chèquos que par une véritable vision de cinéaste. Car Brett Ratner, de vision, il n'a point.
Rush Hour 2 le prouve une fois de plus. Les internautes ne sont pas dupes et se déchaînent : "Je n'ai pas apprécié ce film mélangeant le cinéma hollywoodien et chinois"… "De l'humour pas drôle et de l'action sans suspense"… "l'humour de Chris Tucker est forcé" … et, surtout, … "Jackie Chan n'a pas fait le numéro que j'attendais". En effet, le petit dragon, moins élastique qu'avant, se fait carrément doubler pour les cascades les plus kamikazes. A tel point que cela se ressent dans le montage. Mais bon :
Rush Hour 2 fait aussi son plein dans les salles. Brett Ratner, tout naze qu'il est, a encore l'avenir en bandoulière.