Voilà un nanar haut de gamme, une délicieuse friandise conçue au beau milieu des années 70. Tout d'abord, revenons sur son metteur en scène, cinéaste incontournable à l'époque, mais aujourd'hui injustement oublié, Jacques Besnard. Il a en effet réalisé bon nombre de films, classiques parmi les classiques de la comédie française, multi-rediffusés sur les chaînes hertziennes jusqu'à une certaine époque, et actuellement sur le câble ou la TNT. Ainsi, nous pouvons citer
Le Grand Restaurant avec
Louis de Funès et
Bernard Blier,
Le Fou du Labo 4 avec Jean Lefèbvre, Pierre Brasseur et
Michel Serrault, ou bien encore
La Situation est Grave mais pas Désespérée avec
Maria Pacôme et d'autres précédemment cités, parmi lesquels Lefèbvre mais aussi Serrault dans le rôle d'un ministre ! Au total, sept films, et pas des moindres, fleurissent sa carrière de metteur en scène, toujours au service de très grands acteurs désireux de s'illustrer au sein d'oeuvres humoristiques généralement bon enfant. En somme, un immense artiste !
Nous sommes donc en 1974 lorsque ce nouveau projet tombe entre ses mains. A l'origine,
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule repose sur une idée originale née de l'imagination débordante de trois jeunes auteurs (et acteurs), nommés
Christian Clavier, Gérard Jugnot et
Thierry Lhermitte. Au premier abord, leur histoire paraît simple : trois gangsters à la petite semaine, Riton, Max et Phano, décident de voler la caisse de retraite de la SNCF, un butin s'élevant tout de même à cinq briques ! Leur plan : percer le mur d'une des cabines des toilettes de la gare de l'Est, communiquant directement avec le coffre. Seulement,
Il y a un os, et pas de la tarte : la dame pipi. Pour cela, ils ont LA solution afin de ne pas être repérés : creuser à tour de rôle et se déguiser à chaque fois d'une manière différente, en plombiers tout d'abord, puis en pêcheur, en tyrolien, en Ecossais, en postier, et même en aviateur ! Une sacrée galerie de personnages défile alors sous l'indifférence la plus totale, ou presque...
Persuadés d'avoir trouvé un concept en or, nos petits scénaristes le proposent donc rapidement à leur producteur fétiche, Yves Rousset-Rouard, par ailleurs oncle de Clavier. Celui accepte mais à l'unique condition de donner les rôles principaux à des comédiens confirmés. En effet, le Splendid n'a pas encore acquis la renommée que nous lui connaissons aujourd'hui. L'écriture du script est alors confiée à un auteur de talent, Jean Halain, à qui nous devons les scénarii de la trilogie
Fantômas avec Jean Marais,
Mylène Demongeot et
Louis de Funès ! Il signe donc celui de
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule, réadapté ensuite avec la complicité de Jacques Besnard, et d'Albert Kantof pour les dialogues. Si ce n'est pas du Michel Audiard, cela y ressemble pourtant fortement. Une sorte d'hommage, dirons-nous.