Le cinéma américain a un trait significatif, qui le démarque indéniablement : celui de sacraliser son histoire et de transformer les hauts lieux de son pouvoir en grands symboles. Ainsi, le plus prestigieux d'entre eux, La Maison Blanche, devient l’endroit où se déroule l'histoire de beaucoup de films. Plus qu'une simple toile de fond, elle a une portée immense. A titre d'exemple, lorsqu'elle est atomisée dans
Independence day, l'image est si spectaculaire, si évocatrice, qu'elle figurait en bonne place dans la bande-annonce comme un morceau de bravoure.
Oliver Stone se sert régulièrement de cette dimension presque sacrée. On apercevait l'auguste maison, représentant les illusions brisées du début des années 60, au moment de l'assassinat de Kennedy dans
JFK. Ce cadre a souvent pour lui valeur de contrepoint pour évoquer des locataires tourmentés et controversés. Stone s'en sert déjà pour composer son portrait clair-obscur et Shakespearien de
Nixon, où la Maison Blanche prend un caractère fantomatique et funèbre.
Pour W. : l'improbable président, la lumière change autour du lieu, à l'image de George W. Bush lui-même, d'abord insouciant et innocent, puis beaucoup plus sombre (lorsqu'il s'aperçoit qu'il a été manipulé comme un pion).