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Cadres Legendaires : Out Of Africa [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 25 août 2008 à 13h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h38 - 0 commentaire(s)
La voix un peu brisée de Meryl Streep se souvient rêveusement : « J'avais une ferme en Afrique... ». Et le film s'ouvre sur les paysages majestueux de l'Afrique immense, porté par le souffle nostalgique de cette belle narratrice qui convoque une époque volatilisée, fait revivre les ombres de son passé et les ancrent dans ce cadre. Lorsqu'il y a quelques temps, on apprenait la disparition de Sydney Pollack, au milieu de notre tristesse, revenait ce cadre légendaire où se jouait l'une des plus belles histoires d'amour du cinéma, une passion difficile, inspirée et fiévreuse, dans un lieu qui projette une image de majesté, un endroit encore inviolé, lié ici à deux grands acteurs en état de grâce, le couple mythique formé par Meryl Streep et Robert Redford.



Tout rappelle ici les films classiques, les grandes fresques romanesques, et la plus grande d'entre elles, Autant en emporte le vent. Mais Pollack s'inscrit également dans une autre tradition, celle des oeuvres tournées en Afrique, riches d'une ambiance particulière qui n'est pas sans rappeler les plus belles pages d'Hemingway. On songe à Mogambo de John Ford (où l'aventureux Clark Gable -encore lui- était pris entre deux femmes : la somptueuse Ava Gardner et la pure Grace Kelly). L'Afrique offre toujours à des situations convenues, qui seraient ailleurs rebattues, son supplément d'âme, ce danger sauvage qui rôde sans cesse, exacerbe les sensibilités. Les apparences sont balayées, l'individu est ramené à sa valeur véritable, à sa nature première. Ainsi les aprioris sont toujours trompeurs. Dans le film de Ford, Gardner qui semblait une fille facile et sans grande morale est en fait pieuse et droite, Kelly, rigide et incorruptible de prime abord, était tourmentée par son désir. Il en ira de même pour Humphrey Bogart et Katharine Hepburn dans African Queen de John Huston. Elle est d'abord hautaine et collet-montée, il est un alcoolique invétéré et mal-embouché. Et l'aventure les rapprochera, les révèlera à eux-mêmes. On dépassera l'archétype grâce à la rudesse du contexte, où personne n'est en mesure de tricher, de cacher la vraie nature des sentiments qui l'animent. C'est également le cas du légendaire Lawrence d'Arabie de David Lean, où un officier anglais, à force d'arpenter le désert, se fait le défenseur de ses peuples, en devient l'une des grandes figures. La noblesse du cadre est enivrante, force l'être humain à sonder sa vérité, à changer de vie, car il n'est pas de mensonge possible au coeur de cette immensité.



Dans Out of Africa, la belle Karen débarque de son Danemark natal au coeur des vertes collines d'Afrique, au Kenya, pour y être mariée à son ami le Baron Bror Von Blixen (Klaus Maria Brandauer). Elle y découvre un monde colonial et confiné. Elle vit d'abord dans ce microcosme, coupée des éléments qui l'entourent. Les usages civilisés paraissent un peu déplacés et absurdes en ces lieux. Son mari décide de cultiver du café sur leur domaine, employant la tribu qui habite sur leurs terres comme main d'oeuvre. Elle apparaît d'abord maladroite et mal-assurée. Elle prend ces indigènes sous sa protection. Son époux est souvent absent et la laisse seule pour gérer leurs affaires. Peu à peu elle découvre l'endroit où elle vit.


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