Par Nicolas Houguet - publié le 05 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 07 mai 2010 à 17h20 - 0 commentaire(s)
Il est des acteurs aux prestations si parfaites que l’on se souvient d’eux dans leurs rôles. Ainsi, on se souvient de la magnifique reine d’Elizabeth, de la medium d’Intuitions ou de la fascinante et mystérieuse magicienne elfe Galadriel, de Katharine Hepburn dans Aviator. Le point commun de tous ces personnages, c’est Cate Blanchett, l’actrice australienne venue du théâtre. Pendant la promotion d’Aviator, Martin Scorsese a dit qu’il avait repéré l’actrice dans Elizabeth puis dans Intuitions, constatant avec surprise qu’il s’agissait d’une seule et même personne.



Ce qui frappe chez Blanchett c’est son implication totale. Stanislavski, l’inventeur de la méthode qui sert de base à l’enseignement de l’Actor's studio, conseillait de se fondre dans l’histoire du personnage, dans son passé, dans ce qui n’est pas dans le script pour réellement le créer, le faire exister. Et Cate Blanchett le fait dans tous ses rôles, même dans des films moyens (on la voit quasiment voler la vedette à Christiana Ricci en danseuse écervelée dans The Man who cried, et elle est quasiment le seul intérêt de Bandits ainsi qu'une figure marquante du Talentueux Monsieur Ripley). Elle apporte cette profondeur.

Et même lorsqu’il s’agit d’incarner un personnage public, comme Katharine Hepburn, Veronica Guérin ou Bob Dylan, elle parvient à le faire. Bien sûr elle prend ses inflexions de voix. Pourtant son interprétation est bien davantage qu’une imitation. Elle exprime dans le film l’essence de son personnage. La période psychédélique d'un Dylan érigé contre son gré en symbole d'une génération ou d'une Hepburn au coeur de l'Hollywood survolté des années 30-40. Et c'est une autre ambiance qu'elle trouve en intégrant l'univers d'Indiana Jones et le royaume du crâne de Cristal, très marqué par les vieux serials et le grand cinéma d'aventures des années de l'âge d'or.



Née en 1969, l'australienne manifeste très jeune des dons artistiques. Elle se consacre d'abord au piano. Mais c'est véritablement au théâtre qu'elle se révèle, dans le répertoire classique et qu'elle est repérée par Geoffrey Rush. A la sortie de l'école dramatique elle est très vite reconnue et récompensée pour son talent exceptionnel. Par cette base théâtrale fondamentale, sa trajectoire fait songer à celle de Tilda Swinton. Une sensibilité extrêmement riche qui s'est nourrie aux sources d'un grand répertoire, avant d'être capable d'évoluer dans n'importe quel registre (du classique Elizabeth à l'expérimental I'm not there).
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