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Catherine Deneuve : Icone Changeante [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 18h32 - 0 commentaire(s)
Catherine Deneuve est à bien des égards l'incarnation du cinéma français. Dès qu'on la retrouve sur grand écran, elle apporte avec elle sa légende. On se souvient de sa jeunesse allègre dans les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, de la troublante égérie de Bunuel (dans Belle de jour et Tristana), de Polanski (dans Répulsion), ou de Truffaut (dans la Sirène du Mississippi ou le Dernier métro). Elle est apparue dans bien des films d’André Téchiné qu'elle retrouve dans La fille du RER. Elle est inscrite en nos mémoires comme l'élégante silhouette qui portait la fresque Indochine de Régis Wargnier. Icône changeante, elle se fait à tous les univers, avec toujours cette classe et cette aura particulière que nous allons évoquer dans la première partie de ce portrait, avant de nous pencher sur les nuances audacieuses dont elle a peu à peu teinté sa légendaire beauté.



Débuts audacieux

Née le 22 Octobre 1943 dans le seizième arrondissement de parents acteurs, la rêveuse Catherine Dorléac mène une enfance heureuse et ne se destine d'abord pas à cette carrière comme sa soeur Françoise. C'est un peu par inadvertance et sur l'insistance de cette dernière qu'elle suivra finalement la tradition familiale. Elle prend le nom de jeune fille de sa mère, Deneuve. Elle passe une audition et apparaît dans Les Portes claquent en 1960, au côté de son aînée. Mais cette première expérience ne vainc pas la résistance et la timidité de la jeune fille. Pourtant le film est un succès qui, d'une certaine manière, scelle déjà son sort. Sa rencontre et sa liaison avec Roger Vadim (qui a conquis les plus belles femmes de cette époque) l'imposent comme l'icône qu'elle est depuis lors. C'est pour lui qu'elle teint sa chevelure brune en blond (et met un temps à s'y habituer). Elle n'a que 17 ans lorsqu'ils font connaissance. Il la fait tourner dans le Vice et la vertu en 1963, adaptation lointaine du sulfureux roman Justine ou les infortunes de la vertu du Marquis de Sade, transposé à l'époque nazie.

Après cela, elle joue dans les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy en 1964, comédie musicale colorée mais assez tragique, où son amant la laissait enceinte d'un enfant lorsqu'il partait à la guerre. Deneuve le cite régulièrement comme un film primordial dans sa carrière (il a gagné une Palme d'Or). Elle y dégage alors tout à la fois l'innocence, l'ingénuité et la désillusion. Sa beauté n'a pas d'équivalent.



Être actrice lui permet d'exorciser quelques blessures, de les sublimer dans les rôles, même si elle est toujours extrêmement discrète sur sa vie privée. Cette faculté à se fondre dans son art, à devenir une égérie, lui donne très tôt un caractère unique et complexe. Elle retrouve Demy pour former un duo mythique avec sa soeur, Françoise Dorléac dans les Demoiselles de Rochefort en 1967, peu de temps avant la disparition tragique de cette dernière qui affectera durement sa jeune soeur.

C'est auprès de Demy que Catherine réalise qu'elle a trouvé sa voie. Elle le retrouvera pour le merveilleux Peau d'âne en 1970. Voir dans les films de Demy des contes un peu naïfs, serait un grossier contresens... voir en Deneuve une beauté glacée et froide également, alors qu'elle dépeint très tôt les tourments et les contradictions les plus intenses. Pourtant sa blondeur et son élégance vont souvent encourager ce malentendu dans l'esprit des médias et du public.


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