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Charles Berling : Passionne Et Engage [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 13 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 13 octobre 2009 à 13h58 - 0 commentaire(s)
Charles Berling s'est d'abord passionné pour le métier d'acteur par la littérature et le théâtre qu'il a découvert avec émerveillement, y menant une carrière remarquable (jusqu'à récemment mettre en scène Beckett). Révélé au grand public par son rôle de courtisan s'initiant aux usages de Versailles et au bel esprit dans l'excellent Ridicule de Patrice Leconte, il a poursuivi au cinéma avec des rôles ambitieux et souvent troubles (dans Nettoyage à sec ou l'Ennui). Passant du cinéma d'auteur (auprès d’Olivier Assayas pour Les destinées sentimentales) aux comédies, il brille par sa curiosité et sa manière d'aborder son art dans toute son ampleur. Il a également mis sa notoriété au service des causes qu'il voulait défendre. Acteur engagé, il contribue à En terre étrangère, documentaire se penchant sur le sort des immigrés clandestins (sortie le 19 août).

Vocation passionnée

Né à Saint-Mandé en banlieue parisienne en 1958, le jeune Charles n'est de son propre aveu pas un élève modèle. Cependant, à quinze ans, il se produit dans une pièce de théâtre et le déclic a lieu. La littérature devient pour lui une affaire sérieuse et intime lorsqu'il la voit prendre vie sur les planches. Il joue son premier spectacle à Bruxelles (écrit par lui et fruit d'improvisations nombreuses). Il a également suivi en Belgique une formation à L'Institut national supérieur des arts du spectacle. Il se jette dans le théâtre, s'absorbant dans les classiques et le moderne (de Molière à Koltès), au Théâtre National de Strasbourg. Cela occupe une large part de ses années 80. On l'aperçoit pourtant au cinéma dans Meurtres à domicile de Marc Lobet en 1981. Mais la percée viendra plus tard, au début des années 90.

Il s'impose petit à petit, apparaissant dans les Vaisseaux du cœur de Andrew Birkin en 1993 et surtout livrant une performance tourmentée dans Petits arrangements avec les morts de Pascale Ferran, l'année suivante. Le film récolte les honneurs cannois de la Caméra d'or. Berling est remarqué. Il joue dans une réinterprétation télévisée du classique de Truffaut, Jules et Jim. Il croise Emmanuelle Béart dactylographiant les mémoires d'un élégant et vénérable diplomate dans le beau dernier film de Claude Sautet, Nelly et M. Arnaud en 1995.

Enfin arrive Ridicule, petit bijou de Patrice Leconte, oeuvre aux dialogues ciselés, où il portraiture un personnage malicieux, charmant et charismatique. Le baron Ponceludon de Malavoy arrive à la cour de Louis XVI pour y sensibiliser le roi aux marais infestés de maladies dont il a la charge. Il peut compter sur un mentor légèrement excentrique (l'excellent Jean Rochefort). L'habile gentilhomme provincial doit déjouer les incessants complots, triompher des intrigants (Fanny Ardant et Bernard Giraudeau) dont il est cerné pour défendre sa cause. Le rôle est attachant, superbement écrit, mis en scène avec efficacité. Berling y est touchant de candeur et de vivacité. On fait régulièrement appel à lui pour redonner vie à des figures historiques, notamment dans les Palmes de M. Schultz où il endosse le rôle de Pierre Curie ou plus récemment épousant avec sobriété le destin légendaire et tragique de Jean Moulin à la télévision. Son allégresse et son énergie le qualifient également pour se joindre à la comédie romantique Love etc. de Marion Vernoux, aux côtés de Charlotte Gainsbourg.

Assez vite, il se tourne vers des rôles plus troubles comme celui du sulfureux Nettoyage à sec d’Anne Fontaine. Il y forme avec Miou-Miou un couple de commerçants sans histoires se laissant bouleverser par le jeune Stanislas Merhar, venu insinuer le désir dans leurs vies bien réglées. Il campe en 1998 un prof de philo, déboussolé de la même manière par le charme d'une jeune femme dans l'Ennui de Cédric Kahn. Le désir l'entraîne dans une spirale autodestructrice. Berling est de nouveau d'un triangle amoureux grave et touchant, lorsqu'il devient l'amant de Carole Bouquet dans Un pont entre deux rives de Gérard Depardieu. Il se joint au cortège funèbre du mystérieux Jean-Louis Trintignant dans Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau en 1998.


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