Par Rafik Djoumi - publié le 29 juillet 2008 à 13h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h59 - 0 commentaire(s)
Le Chaos qui réinvente l’Ordre
Plusieurs études universitaires, flirtant avec la philosophie, ont été consacrées à la thématique majeure dans l’œuvre de Buster Keaton, à savoir la notion du chaos nécessaire au renouveau de l’ordre. En effet, le personnage de Keaton se distinguait par sa capacité à déclencher des catastrophes avec un tel professionnalisme et un tel sérieux que le spectateur pouvait, à l’occasion, se demander s’il n’était pas en train de travailler activement à la destruction du monde. La mise en scène génialissime de Keaton usait abondamment (et de façon subliminale) de formes géométriques qui s’accumulaient pour former une mécanique de la catastrophe (accroché au piquet il se prend le pied dans le cordage du petit bateau, donc le petit bateau se met à faire des cercles concentriques, donc la trajectoire rectiligne de l’autre bateau va rencontrer ce mouvement de cercle, donc….etc.). Au plus fort de la catastrophe, un ordre nouveau, généralement plus sain, naissait de cette mécanique chaotique mise en place par le héros.



La thématique majeure de Wall-E est celle d’une renaissance, et la constante narrative du film est celle d’un robot gaffeur (et sale) jeté dans un univers parfaitement huilé et, au fond, cauchemardesque. Au même titre que Buster Keaton, les catastrophes en chaîne provoquées par Wall-E vont méthodiquement détruire l’univers ordonné et oppressant que le film met en scène.

Par la grâce d’un hommage inspiré, Wall-E, gros blockbuster d’été, film en images de synthèse, sorti en 2008, devient le renouveau du Cinéma comique des origines.
Il n’y avait que Pixar pour tenter un tel pari…
Vos réactions


logAudience