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Charlize Theron : Engagements Sensibles [page 3]

Par Nicolas Houguet - publié le 06 novembre 2007 à 08h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h11 - 0 commentaire(s)
La générosité de Charlize Theron nous laisse approcher de très près cette femme tourmentée, cette exclue, qui court sans cesse après son salut et ne fait que s'enfoncer sans cesse. L'engagement de l'actrice est absolu. A aucun moment on ne la discerne, on l'oublie. On ne voit plus qu'Aileen, personnage aux antipodes de Charlize Theron, dans une très grande performance comme il en est encore trop peu souvent proposée aux comédiennes. L'intensité de son interprétation a une portée presque traumatisante et la mise en scène sans aucun lissage hollywoodien donnent le sentiment d'avoir véritablement accompagné sa descente aux enfers, d'avoir compris, de s'être attaché à cette femme que rien ne pouvait sauver de son sort. Voilà un rôle important, peut-être le rôle de la vie de Charlize Theron, car il change beaucoup de perspectives, sur la condamnée elle-même et sur l'interprétation dépouillée et à vif de l'actrice. Jamais on aurait pensé qu'elle irait si loin, plongée au coeur de cette intimité étrange, exprimant une partie de son mystère. Le résultat est impressionnant d'authenticité.


Si la belle est allée se compromettre dans ce grand ratage que fut Aeon Flux, elle revenait avec l'affaire Josey Aimes dans le rôle d'une femme qui décide de braver le harcèlement sexuel dont elle est victime dans la mine où elle travaille, en portant l'affaire devant la justice. Consacrant une fois de plus de toute sa sensibilité à ce rôle, encore à contre emploi, l'actrice prouve que la force de son jeu ne vient pas forcément de la transformation spectaculaire qu'elle s'est imposée pour Monster mais de son implication totale, de l'émotion qu'elle dégage, qui va bien au delà de son physique. Elle se concentre sur l'émotion, la psychologie, les motivations qui animent son personnage, refusant tout artifice et tout maquillage pour servir au mieux la conviction qu'elle porte et qu'elle incarne. Dans la peau de cette femme simple et battue par son mari, acculée par les circonstances, on oublie totalement l'icône glamour et on entre dans le quotidien implacable et dur d'une femme courageuse qui doit se battre constamment pour exister et conserver sa dignité. Le film a ses défauts (une fin très hollywoodienne) mais il est riche de ses personnages et de son casting qui offre de vrais moments de grâce (grâce à Sissy Spacek, Frances McDormand et Richard Jenkins).


Il y a de l'engagement dans la manière sobre dont Theron investit ses rôles, s'y plongeant corps et âme, avec une manière subtile de défendre ses convictions en les suggérant par la destinée d'un personnage. C'est encore le cas quand on évoque les vétérans négligés à leur retour d'Irak dans La Vallée d'Elah de Paul Haggis.
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