Par Nicolas Houguet - publié le 05 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 09 octobre 2009 à 12h14 - 0 commentaire(s)
Quand on pense à Che Guevara, c'est d'abord une photographie iconique qui vient à l'esprit, devenue symbole de toutes les rébellions, de la liberté, de l'indépendance et de la pureté. Une autre a marqué également les consciences, celle d'un homme décharné, un visage amaigri et christique, un corps exposé juste après son exécution en Bolivie, presque une valeur sacrée, une Pieta, une descente de croix. Le visage mythique du Che est paradoxalement devenu quelque chose d'autre, l'incarnation d'un idéal. Ce beau regard concentré et rêveur, fixant une sorte d'éternité, décliné jusqu'au cynisme le plus absolu, démultiplié et vendu sous toutes ses formes comme un symbole, un point de ralliement. Tout le monde connait ce visage, alors que la vérité du personnage, plus contrasté, semble être submergé par sa légende (servant également de caution et d'étendard à l'une des plus anciennes dictatures du monde).


Au cinéma vient la délicate mission de raconter ce destin dans sa complexité. Le monumental film que Soderbergh consacre au légendaire « commandante » devrait remplir cette fonction. Divisé en deux parties, cette fresque dure plus de quatre heures, se concentrant d'abord sur l'argentin devenue grande figure de la révolution cubaine et la seconde consacrée à son voyage à New York en 1964 à sa guérilla en Bolivie. Il s'est d'abord fondé sur les journaux intimes laissés par le Che et des nombreux témoignages auxquels il a eu accès. Il voulait évoquer la figure d'un homme qui a voulu changer le monde, avec une incroyable intransigeance, sans envisager aucun compromis. Il paraît nécessaire, pour accompagner cette somme, de retracer la vie de Che Guevara, raconter ce parcours qui l'a imposé comme une figure historique majeure et par voie de conséquence, ce qu'on peut attendre du Che de Steven Soderbergh.
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