1. >
  2. >
  3. >
  4. >Chiara Mastroianni : Classe Pas Classe [page 1]

Chiara Mastroianni : Classe Pas Classe [page 1]

Par - publié le 31 août 2009 à 15h02 ,
MAJ le 26 septembre 2009 à 03h38 - 0 commentaire(s)
Quand on est la fille des monstres sacrés du septième art que sont Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, difficile de se faire une place au soleil. C’est pourtant ce que Chiara Mastroianni est parvenue à réaliser, à force de persévérance, d’apparitions, de seconds rôles, de talent et de travail. Avant d’être éventuellement considérée comme une grande actrice, Chiara voulait tout simplement qu’on la regarde comme une actrice tout court. C’est chose faite. L’évocation d’une partie de sa filmographie dans ce « Classe pas classe » en atteste…



MA SAISON PREFEREE (1993), de André Téchiné : pas classe du tout
Téchiné est capable du pire (Le temps qui passe) comme du meilleur (Les Témoins). S’il peut jeter ses personnages dans un souffle presque épique, il peut tout aussi bien les planter dans un marasme émotionnel. Dans Ma saison préférée, Deneuve et Auteuil sont frère et sœur, ils s’entendent évidemment mal, et se retrouvent obligés de coexister pour aider une vieille mère aussi agaçante que mal en point. Au milieu de scènes banales, de disputes attendues et de dialogues parfois décalés, Chiara Mastroianni trouve un de ses premiers rôles : une jeune fille perdue à la sexualité confuse. Comme la plupart des seconds rôles, elle est à peine esquissée, ses traits sont exagérément appuyés dans une scène avant de disparaître pendant une demi-heure. Son manque d’expérience à l’époque rend sa présence d’autant plus insupportable qu’elle ne sert à rien (elle joue du piano mais pas très bien, elle fait des avances à la copine de son frère mais ne les assume pas). Ce sera pourtant elle qui justifiera le titre, demandant aux autres personnages dans la scène finale quelle saison est leur préférée. Lorsqu’on lui retourne sa question, elle ne trouve qu’à répondre « Oh je sais pas, c’est pour ça que je vous demande » d’un ton aussi monotone que déconcertant… Ce rôle lui vaudra pourtant une nomination aux César comme Meilleur espoir… Allez comprendre.



N'OUBLIE PAS QUE TU VAS MOURIR (1996), de Xavier Beauvois : classe déprime
Un film qui vous prend à la gorge ! Prix du jury au festival de Cannes 1995 et prix Jean Vigo, ce second film de Xavier Beauvois n'est jamais malsain et ne mâche pas le travail au spectateur. Celui-ci entre la tête la première dans le désespoir de Benoît, magnifiquement interprété par Xavier Beauvois. Le jeune réalisateur ne cherche à aucun moment la complaisance et nous prend par la main malgré nous pour nous entraîner dans cette destruction que s'inflige le personnage principal (drogue, sexe...) et parvient à trouver une vraie tension et une violence sincère face à cette mort imminente. Les interprètes, face à ce sujet on ne peu plus délicat, s'en sortent avec tous les honneurs ne cherchant jamais à prendre le dessus. Bien au contraire, ils se laissent entraîner dans un univers où seule la sincérité du jeu pouvait l'emporter et c'est réussi.


Vos réactions


logAudience