1. >
  2. >
  3. >
  4. >Cinéma et sous-titrage (partie 4) [page 1]

Cinéma et sous-titrage (partie 4) [page 1]

Par B.D. - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 12h11 - 0 commentaire(s)
Place aujourd'hui à la quatrième et dernière partie de notre dossier sur la qualité des sous-titres français.

Les fautes courantes

Même les très bons sous-titres présentent de vilaines fautes de conjugaison, d’accord, d’orthographe, de typographie, etc. Fichue langue française !



The Shield (Sony), saison 1, épisode 13, SDI : « beaucoup » est un sujet pluriel, donc « protègENT ». Une autre faute qui se retrouve parfois dans les épisodes est le défaut de majuscule sur les groupes ethniques : les Noirs, les Blancs, les Latinos, etc. Eh oui, comme dans le cas d’une nationalité, sous forme de nom, c’est avec une majuscule ; sous forme d’adjectif, avec une minuscule.

True Lies (Fox), SDI/Gelula : « toi », 2e personne du singulier, donc « élèveS ».

Mais s’il est une chose que bien trop peu de monde maîtrise, y compris chez les sous-titreurs, c’est la ponctuation.



Cas déjà mentionné sur King Kong : nous sommes en présence d’une mise en apostrophe aussi appelée le vocatif. On sépare toujours (sauf si précédé de « Ô » qui est précisément la marque du vocatif) par une virgule le nom, surnom, groupe nominal, etc. de celui/celle/ceux à qui s’adresse la phrase. Et ce quelle que soit sa position dans la phrase : début, milieu (auquel cas on le mettra en apposition, c.-à-d. entre deux virgules) ou fin.

Autre règle de ponctuation qui fait défaut à tant de monde, y compris chez les professionnels du sous-titrage : la mise en évidence. Derrière ce nom barbare se cache un principe assez simple ; un élément de la phrase, souvent un nom, se trouve deux fois dans la même phrase, souvent une fois sous forme de nom, et l’autre, sous forme de pronom :



Ici, en VO, la question porte sur l’état d’avancement des travaux dans la cuisine de Jerry Seinfeld. Pour que la phrase soit correcte, il fallait mettre une virgule après « avance ». En effet, le pronom « ça » se retrouve dans « les placards de ta cuisine », il y a donc redondance d’un même élément. En l’état, sans virgule, la phrase n’a absolument pas le sens souhaité : telle qu’on la lit, quelque chose, ce « ça », vraisemblablement défini plus tôt dans la conversation, permet d’avancer les placards de la cuisine ; on s’imagine que les placards sont déplacés vers l’avant pour se décoller du mur, par exemple.
De la même façon, on n’écrit pas :
- « C’est quoi le problème ? » mais bel et bien « C’est quoi, le problème ? »
- « C’est qui lui ? » mais bel et bien « C’est qui, lui ? »
- « C’est quoi ça ? » mais bel et bien « C’est quoi, ça ? »

Venons-en à la typographie qui là encore fait défaut à bien trop de sous-titreurs professionnels :
- la vraie bonne abréviation de « minute » n’est pas « mn » mais « min ».
- celle de « seconde » n’est pas « sec », qui n’est rien d’autre que l’adjectif contraire d’« humide », mais bel et bien « s ».
- celle de « première » n’est pas « 1ère » mais bel et bien « 1re ».
- celle de deuxième n’est pas « 2ème » mais bel et bien « 2e », etc.
- et enfin, les ponctuations à deux éléments, c.-à-d. toutes celles que vous ne pouvez écrire sans lever votre stylo de votre feuille de papier, s’espacent du mot qui les précède : « ? », « ! », « : », « ; ».

Vos réactions


logAudience