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Classe Pas Classe : Albert Dupontel [page 1]

Par La Rédaction - publié le 29 octobre 2007 à 09h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h04 - 0 commentaire(s)
Acteur talentueux et apprécié autant par le public que par la profession, Albert Dupontel s'impose comme un être à part dans le paysage cinématographique français. Sa filmographie n'en demeure pas moins jalonnée de choix plus ou moins judicieux. Notre classe/pas classe révèle ainsi ses succès mais aussi ses flops...


Classe - Enfermés dehors 2006
Long et douloureux accouchement qu'a été ce troisième film du papa Dupontel. Le projet d'Enfermé dehors, il le porte en lui depuis près d'une dizaine d'années. Mas la loi du sacro-saint Euro et des financements français asservis par la télévision ont forcé Dupontel à prendre son mal en patience. Mais heureusement à force de persévérance, il réussit à boucler son budget. Il propose au public un film d'une incroyable fraîcheur, transfigurant l'esprit de Keaton. Dupontel continue de creuser son regard à la fois poétique et noir sur notre société pour proposer une superbe fable sociale. Tout aussi virulente dans le fond, Dupontel assagit la forme de son long-métrage, pouvant toucher un plus large public. Il compense son imagerie hardcore en dynamitant sa mise en scène, toujours à la recherche d'expérimentations visuelles endiablées. Le poids des années marque son visage, lui conférant de plus en plus une véritable gueule d'acteur. Il conserve néanmoins sa forme physique si athlétique qui lui permet d'enchaîner les cascades les plus rocambolesques. À la fois touchant, attachant, et terriblement drôle Dupontel continue de réaliser les films qui le reflètent. Plus mûre, plus aguerri, mais tout aussi fougueux et avide de proposer un cinéma en marge.


Pas Classe – Président - 2006
Bien que correspondant à la figure adéquate du nouveau candidat moderne se destinant aux plus hautes fonctions politiques, Président n’est pas pour Albert Dupontel la réussite attendue, du moins espérée. Parce qu’il est servi par un cinéaste qui ne sait que trop peu où il va et qui succombe à des sirènes scénaristiques contestables, Président s’impose trop évidemment comme celui où le réalisateur de Monique ne convainc pas. Tout d’abord, le problème est physique, notamment de l’ordre de la gestuelle et de la corpulence. Trop anguleux et musculeux, exagérément massif et énergique, Albert Dupontel s’inscrit en faux dans les représentations habituelles et somme toute, semblables de la Ve République. Ainsi, même si dans son rôle, il emprunte beaucoup à Blair, Aznar ou bien encore Nicolas Sarkozy, sa carrure le dessert et dans l’ordre de la représentation nuit au vérisme qui devrait guider et accrocher notre empathie, du moins la sacro-sainte illusion nécessaire à toute fiction cinématographique. Dès lors, si l’on rajoute à cela, l’inepte approche du récit qui est donné et sa construction plus que contestable, Président est attaquable et Albert Dupontel, mille, hélas, et sans en être totalement responsable, en première ligne. Raté parce que le film ne tenait pas, ce qui n’étonne en rien, ce rôle de président est un des dommages collatéraux qui le dessert malgré l’opportune chance qu’il eut de pouvoir le faire.


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