Par La Rédaction - publié le 08 novembre 2007 à 08h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h14 - 0 commentaire(s)
Envoûtante, mystérieuse et aussi talentueuse pour les uns qu'énervante pour les autres, Béatrice Dalle n'en finit pas de faire tourner en bourrique le cinéma, un milieu qu'elle adore, qu'elle déteste, qu'elle a dans le sang. Sa filmographie est à l'image de la comédienne, sulfureuse, inattendue, brûlante. Parfaite pour passer sous les projecteurs de notre classe/pas classe...


37°2 LE MATIN LA CLASSE ULTIME
Parce qu’une première scène d’orgasme. Parce qu’un regard. Un sourire. Une jupe. Une rencontre dans un bungalow. Parce que Zorg, écrivain au bout de son rouleau existentiel (Jean-Hugues Anglade, corps plein de muscles, cœur ultra-sensible). Parce que Betty (Béatrice Dalle, au-delà de tout), plaie d’amour inconsolable, à la fois ange et démon, fantasme incarné et beauté étrange. Parce que Beineix, au meilleur, retranscrit toutes les ambiguïtés du roman de Philippe Djian. Parce qu’il filme le désir qui secoue. Parce qu’il nous convie dans une intimité sans que l’on se sente voyeur. Parce qu’on est bien. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’on évolue nu au cinéma avec deux personnages également tout nus. Parce que les corps d’Anglade et de Dalle sont trop beaux pour être vrais. Parce que ces deux-là sont bandants, passent leur temps à faire l’amour (rien de plus) et ils ont raison. Parce que les fous rires complices avec Gérard Darmon et Consuelo De Haviland lors d’une soirée arrosée. Parce que le bleu et le jaune forment un sublime contrepoint au mal de vivre et à cette saloperie de réel. Parce que Betty fout des cendres de cigarettes dans les pizzas des clients abrutis avant de leur planter une fourchette dans la main. Parce que Zorg crame ses feuilles d’écrivain raté dans l’évier. Parce que Dalle se fout sur une chaise pendant que son mec casse un mur comme naguère Depardieu bouffait de la glace et Abril faisait de la balançoire en écartant les cuisses (La lune dans le caniveau du même Beineix). Parce que la passion n’a pas de limites. Parce que l’amour et la mort sont objets de la passion. Parce que dans passion, il y a destruction. Parce que les histoires d’amour finissent mal. Parce que c’est encore mieux en version longue. Parce qu’on aime à la vie et à la mort. Parce qu’une fois qu’on y a goûté, on n’oublie pas. Parce que cette musique de manège déglingué signée Gabriel Yared. Un manège à elle qui tourne et tourne encore dans la tête. A donner le tournis.
ROMAIN LE VERN


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