ÔTE-TOI DE MON SOLEIL - PEUT-ETRE CLASSE
Chez les Jolivet, le premier qui a dégainé sa camera n’est pas celui que l’on croit. En 1984, c’est Marc qui passa à la réalisation avec une comédie inspirée de Diogène, le philosophe qui vivait dans son tonneau. A vrai dire, je n’ai qu’un souvenir flou de ce film vu à sa sortie (avant sa disparition ultra-rapide des écrans). Celui d’un pré-ado attiré par un film signé de celui qui le faisait marrer avec son frère, déguisés en Récho et Frigo, les clowns pour enfants de la télé, qui s’est senti d’abord un rien arnaqué, puis fasciné par l’immense bordel libertaire de cet objet inclassable, parmi les derniers signataires d’utopies babas garantissant que tout était possible. Le jour où
Ôte-toi de mon soleil (répertorié comme un des plus gros bides du cinéma français) passera à la télé ou sortira en DVD, je saurai si ma sympathie pour ce film n’est due qu’à la nostalgie d’années insouciantes ou une erreur de jeunesse…
SUIVEZ CET AVION - TRES CLASSE
Si Patrice Ambard est un lecteur des Classe/Pas Classe, qu’il donne signe de vie à la rédaction de DVDrama. Ne serait-ce que pour savoir ce qu’est devenu le réalisateur d’une rare comédie française à avoir su parfaitement acclimater les screwball comédies américaines des années 30-40. Délicieusement farfelue cette enquête policière est menée tambour battant autour d’un couple (Lambert Wilson et Isabelle Gélinas) qui n’aurait pas dépareillé chez Lubitsch. A la fin des années 80,
Suivez cet avion a surpris par son ton décalé, trop sophistiqué pour faire partie des grosses rigolades franchouillardes qui cartonnaient à l’époque. Vingt ans plus tard, ce film reste un modèle d’écriture et de pétillance, jusque dans son petit charme désuet, aussi réjouissant que trop méconnu.
UN HEROS TRES DISCRET - TRES CLASSE
Une énigme réside dans la filmographie de Jacques Audiard, l’oubli rapide dans lequel a été plongé son second long métrage. L’histoire de supercherie que raconte
Un héros très discret -autour d’un héros de guerre devant plus sa réputation à une quasi-mythomanie- reste pourtant des plus exemplaires par la fausse simplicité de son exécution à l’écran. Entre l’excellence des comédiens (Mathieu Kassovitz en tête) du scénario et la minutie de la réalisation,
Un héros très discret mérite d’être ressorti de son placard pour qu’on y constate à quel point c’est une formidable fable, double quand elle questionne autant les mensonges du passé français que la difficulté pour un écrivain à savoir créer un imaginaire suffisamment crédible pour qu’il devienne collectif.
Classe/pas classe rédigé par Alex Masson, Stanislas Bernard, Nicolas Houguet, PitouWH et Gilles Botineau.