Par La Rédaction - publié le 26 janvier 2010 à 00h01 ,
MAJ le 26 janvier 2010 à 12h14 - 1 commentaire(s)

Acteur le plus classe et l'un des plus doués de sa génération, George Clooney nous enchante régulièrement grâce à des rôles sur lesquels il parvient invariablement à poser sa marque. De Hors d'atteinte à Les Rois du désert en passant par la série des Ocean, l'acteur déploie une palette de personnages variée et son passage à la réalisation n'a fait que confirmer et étendre son talent. Alors que In the Air sort dans les salles françaises, un Classe pas Classe consacré à monsieur "what else ?" s'imposait...


LE RETOUR DES TOMATES TUEUSES : Classe nanardisante
1988. Alors que Rain man, Die Hard ou Roger Rabbit explosent les scores du box office, George, lui, cachetonne dans une petite série B décalée, inventive et totalement fauchée mettant en scène un scientifique fou capable de transformer de simples tomates en bombes sexuelles ou en mastodontes invincibles. Seuls deux abrutis arriveront à déjouer les plans du savant tout en faisant les cabotins et par la même, de la pub à l'écran pour finir de boucler le budget du film, dont les caisses se retrouvent vides en plein métrage. Alors que les rayons des vidéos clubs de l'époque pullulaient de ce genre de séquelles depuis perdues dans les souvenirs de soirées chaotiques, comment expliquer qu'aujourd'hui, le film fasse encore fureur dans les soirées dvd, qu'il se regarde encore avec un second degré délectable et que le brushing de l'acteur inspire non pas la pitié mais le respect et la nostalgie ? Une seule explication : la classe.

 

Le Retour des tomates tueuses

 

UNE NUIT EN ENFER : Classe aux dents longues
Réalisé par Robert Rodriguez (Quentin Tarantino a lui rédigé le screenplay), Une nuit en enfer est considéré pour beaucoup comme un film culte. Le film part lors de sa première partie en roue libre dans un road movie qui s'annonce sanglant et éprouvant. Deux frangins gangsters dangereux (Tarantino dans un rôle de psychopathe complètement taré) prennent en otages une famille composée d'un prêtre protestant qui a perdu la foi et de ses deux mômes (dont Juliette Lewis) pour traverser la frontière mexicaine. Une fois celle-ci passée, le film stoppe littéralement au Titi Twister et là boum changement total de décor. Le récit opte pour un ton désormais horrifique mais également loufoque et délirant où les kidnappeurs et leurs victimes se frittent avec un bataillon de vampires dans un foutoir monstre jusqu'à un final apocalyptique où Tarantino et Rodriguez se la régalent et nous servent quelques morceaux d'anthologies pas tristes (démembrements en tout genre, têtes qui explosent...). Côté acteurs on apprécie particulièrement George Clooney en bad ass passablement énervé et Harvey Keitel en prêtre pris de doute. On s'extasie aussi devant la flopée de seconds rôles comme Salma Hayek (quel corps ! quelle manière d'onduler dans l'espace ! quelle sensualité ! quelle Femme !), Danny Trejo, Santiago Segura ou encore Tom Savini (inoubliable Sex Machine) qui viennent apporter leur contribution pendant les scènes de carnage. Une nuit en enfer fait partie de ses films foncièrement bêtes mais totalement jouissifs.

 

LE PACIFICATEUR : Pas classe

Le Pacificateur n'a rien de foncièrement original et son scénario pêche par son manque d'imagination. Les situations nous sont connues et le dénouement final est malheureusement trop prévisible. La réalisatrice sait néanmoins où placer sa caméra pour influer le rythme nécessaire à son histoire et ne jamais trop ennuyer le spectateur. Mais avec un tel casting on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus enlevée, à l'humour plus prononcé. Si le film se laisse regarder sans déplaisir, cela est tou de même essentiellement dû à l'alchimie entre les deux protagonistes, George Clooney et Nicole Kidman.

 

Le Pacificateur

 


UN BEAU JOUR : Classe
Comme une ultime réminiscence du passé, une des dernières traces quelque peu dégénérée de ce qui n'est malheureusement plus, comme un sursaut final avant l'agonie et la mort, Un Beau Jour vient convoquer et surtout évoquer une bonne part de l'essence et de la substance qui faisaient la grandeur et la magnificence du cinéma classique hollywoodien, un cinéma où l'on savait encore, où l'on pouvait encore, bander et jouir. Il s'en exhale un doux parfum de classicisme, il y flotte comme un esprit de screwball comedy et l'on y sent planer les fantômes de Hawks, Capra, Lubitsch et McCarey, géniaux précurseurs de la sitcom (faut-il rappeler que les Friends, Seinfeld et autres Ally McBeal ne sont que les aboutissements logiques de ce cinéma-là). Et même celui de ce bon vieux Hitchcock, si l'on songe au mouvement de caméra qui ouvre le film et à son exact contraire qui le clôture, mélange de Fenêtre sur Cour et de l'ouverture de Psychose, marquant la plongée au cœur de l'intimité de quelques new-yorkais et inscrivant Un Beau Jour à la fois comme conte, mais aussi et surtout comme opérette ou opéra-comique. Joliment confectionné et superbement emballé donc, par un Michael Hoffman qui n'est certes pas un auteur, ni un cinéaste de la trempe des précités (mais qui peut l'être ?), mais un artisan inspiré et consciencieux, Un Beau Jour vaut aussi énormément par et pour son casting de premier ordre que le réalisateur a justement su admirablement exploiter. Et en tout premier lieu, Michelle Pfeiffer, la plus terriblement belle et la plus fatalement grande actrice du monde, incarnation la plus absolue de la Femme moderne. En face d'elle, il y a l'homme le plus cool et le plus sexy de la planète, auquel on voudrait tous ressembler : George Clooney, à l'époque fraîchement débarqué de Urgences le temps d'une incursion cinématographique annuelle et encore marqué par son tic de tête penchée façon brave toutou, qui va finalement plutôt bien à son personnage dans le film.


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