D'abord connu en tant qu'acteur, mais reconnu depuis peu comme un brillant jeune réalisateur, Guillaume Canet ballade sa frimousse de jeune premier dans le cinéma français avec de plus en plus d'audace. Que ce soit l'acteur ou le metteur en scène, on sent que l'homme compte nous offrir encore de grands moments de cinéma. Son parcours passe pour l'instant au révélateur de notre Classe/pas classe...
La plage : A la limite d’être classe
On ne le dira jamais assez aux petits frenchies, qu’ils soient acteurs ou réalisateurs : ça vaut très rarement la peine d’aller faire trempette dans le cinéma hollywoodien. Heureusement pour Canet
La plage est sous influence british, de par son réalisateur (Danny Boyle) ou le romancier ici adapté (Alex Garland). Ca n’empêche pas
La plage d’être un film bancal mais ce portrait de la mondialisation selon la génération techno-hippie y gagne en aspect sardonique. Il paraît que Gui-Gui s’est bien fait chier sur le tournage. Nous, un petit peu moins en voyant ce produit anecdotique mais un rien atypique pour un film de studio.
La fidélité, Andrzej Zulawski : vraiment très classe.
Plus ou moins directement voué à sa femme de l’époque, ce film de Zulawski n’en demeure pas moins aussi troublant et dérangeant que ses autres œuvres. Saccadé, violent, sexuel, déstructuré, simpliste, métaphorique, beaucoup d’adjectifs peuvent coller aux films de ce cinéaste réputé pour ses méthodes de travail éprouvantes. Ici, Sophie Marceau se retrouve entre deux hommes, entre deux passions, entre deux amours. Dans le rôle du jeune Nemo, Guillaume Canet est saisissant, se glissant parfaitement dans un film complexe, suivant le fil d’un personnage et d’une histoire au développement pas vraiment simple. Un grand pas dans la carrière de l’acteur.
Vidocq : Pas classe
Les bonnes idées ne font pas forcément de bons films : confier les aventures du flic aux méthodes de voyous du XVIIIe siècle à un as du trucage numérique promettait un choc esthétique. On a plutôt eu droit à un gloubi-boulga ressemblant à une hybridation contre nature entre le ripolinage visuel à la Jeunet et les bouquins confus de JC Grangé. Un bouillon de culture où surnagent quelques séquences purement hallucinatoires comme Gégé Depardieu faisant du Kung Fu, preuve que les effets spéciaux les plus perfectionnés ne peuvent pas rendre tout crédible. Au moins, ça a dû faire marrer Claude Brasseur.