ULTRA MEGA CLASSE –
DRUNKEN MASTER - 1978
Classique d’entre les classiques, incontournable comme
La Fureur de vaincre dans lequel il apparaît,
Drunken Master est le film de la naissance du nouveau prodige HongKongais. Mythique pour le kung-fu de la boisson qu’il fait exécuter, ce métrage de Yeun Woo Ping reste incontournable. Auréolé du statut de référence ultime pour l’amateur de Jackie Chan, ce film de 1978 s’avère le remarquable raccourci de ce que peut faire notre homme. Kung-fu comédie effrénée, scènes physiques ahurissantes et combats extatiques résument ainsi parfaitement dès son premier vrai film réussi, tout ce que sera dans les suivantes décennie, le phénomène Jackie Chan. Incarnant le mythique Wang Fei Hong comme avant lui Gordon Liu et après lui, Jet Li, le jeune homme s’illustre en effet à la perfection dans ce rôle aussi légendaire. Faisant face à Thunderfoot et Sam Seed, notre Jackie a le mérite de se différencier de celui dont il devait être le successeur annoncé pour créer et imposer progressivement son inimitable style. Première consécration pour Mister Chan,
Drunken Master appelle tout ce qui suivra et s’inscrit comme le ferment qui fit que Jackie signifie aujourd’hui encore quelque chose après plus de trois décennies de blessures, de cascades et de scènes impossibles. Considéré comme l’un de ses plus grands films et comme l’un des tournants du genre,
Druken Master comme sa suite méritent d’être vus, disséqués et revus parce qu’en dépit de leur singularité et de la modestie de leurs moyens, ces films où brille Jackie Chan sont une claque pour le néophyte et une référence inévitable pour l’amateur.
PAS CLASSE –
LE MEDAILLON - 2003
Prenez une sombre histoire de médaillon qui rend immortel et faites de la quête de ce MacGuffin accessoire, l’enjeu de votre film. Perdez-y Jackie Chan et Claire Forlani. Ajoutez à tout cela, 40 millions de dollars et vous obtiendrez l’un des plus gros budgets du cinéma HongKongais et surtout l’une de ses plus navrantes pitreries. Se déroulant sur plusieurs continents et mettant en présence Jackie dans le rôle ô combien éculé d’un inspecteur,
le Médaillon au mieux fait sourire, au pire fait dormir. Parce que l’on n’y adhère pas, parce qu’il confine à la surenchère tout ce qu’il récite,
Le Médaillon est de la trempe des
Shanghai kid et autres joyeusetés qui parsèment l’hétéroclite filmographie de Chan : un métrage où le grotesque dispute aux prouesses souvent excessives, le droit de dominer le film. En somme, conforme aux ratages que furent avant lui,
Espion amateur ou
le Smoking, Le Médaillon est un fardeau pour cinéphile dans la mesure où il n’offre rien de nouveau ou de stimulant. Pale resucée de comédies déjà vues et revues – comparable au
Gardien du Manuscrit sacré dans lequel se perdit outre Atlantique Chow Yun Fat ou à
Golden Child, l’enfant sacré du Tibet avec Eddie Murphy - , on s’étonnera que peu de voir Jackie Chan s’y être compromis. On espèrera seulement pour lui qu’il en a retiré plus de profit que son spectateur, car ce dernier a trop souvent fait les frais de nombre de comédies manquées dans lesquelles s’illustrait notre inénarrable Jackie - modèle que commence à trop imiter Jet Li par ailleurs.