Classe –
L’enfer du dimanche - 2000
Film où on le découvre, L’enfer du dimanche ouvre les portes de productions plus notoires au jeune quaterback que joue Jamie Foxx. Sous la férule d’un Al Pacino aussi retors qu’Oliver Stone est fan de football Américain, ce récit épique d’une équipe de gladiateurs modernes est l’occasion pour cet acteur alors peu connu de déployer des trésors de conviction. Passant d’une naïveté et d’une faiblesse qui le voit sans cesse vomir, le Willie Beamen qu’il campe s’enhardit progressivement, gagne en roublardise et surtout en densité. Au point qu’à la fin du métrage, le regard inexpressif et égocentré qui est le sien s’est mué en œil du tigre pour mieux que son équipe l’emporte. Véritable espace où il s’affirme, cet enfer sera pour lui la clef vers les films tournés par Michael Mann. Parce que c’est un film du grand Stone sur la mythologie américaine essentielle et parce qu’il y est très juste, L’enfer du dimanche mérite considération et conserve une place à part dans la filmographie de Jamie Foxx.

Pas Classe -
Entre Chien et Chat - 1996
Cherchant à légitimer sa place d'acteur, Jamie Foxx s'essaie en vain à la comédie romantique. Hélas pour lui, il se fait littéralement voler la vedette dans
Entre Chien et Chat par le jeune premier Ben Chaplin véritable transfuge de Hugh Grant. Jamie Foxx a beau chercher à mettre en avant sa carrure et son côté pince-sans-rire (qu'il abandonna heureusement très rapidement), il ne rivalisa jamais avec Chaplin. Surtout avec cette scène mémorable de masturbation par téléphone interposé entre Ben Chaplin et Janeane Carofalo. Jamie Foxx se console comme il peut en interprétant l'outsider black qui malgré lui est totalement Out du film. Il persévérera dans la même veine l'année d'après en 1997 avec Booty Call, avec tout autant de déconvenue. Les comédies romantiques et lui ne font pas bon ménage.
Rédigé par Jean-Baptiste Guégan & Gwenaël Tison