Rendons à César ce qui appartient à César, ou plutôt aux Robins ce qui appartient aux Robins. Après tout, le classe pas classe, c’était d’abord leur idée. Et justement, faisons aujourd’hui un classe/pas classe sur le plus cinématographique des Robins, notre ami Jean-Paul Rouve. Si Jean Paul a commencé sa carrière comme Léveil chez
Julie Lescaut, il a su gravir un à un les échelons du cinéma Français pour devenir dorénavant un acteur incontournable. De
Trafic d’Influence à
La Môme en passant par
Monsieur Batignole et
RRRrrrr, revenons sur les films majeurs de sa filmographie.
TRAFIC D’INFLUENCE - PAS CLASSE, MAIS ALORS PAS CLASSE DU TOUT
La carrière de Dominique Farrugia en temps que réalisateur n’aura pas vraiment été semée de roses. Après le sympathique
Delphine 1 Yvan 0, voici que l’ex-nul décide de faire une grande comédie Française avec en tête de casting le duo Thierry Lhermitte/Gérard Jugnot. Malheureusement, cette histoire de politiques pris à parti par les renseignements généraux pendant les grèves de 1995 tombe à plat, et le seul intérêt du film résulte en ses multiples apparitions de comiques alors débutants comme un certain Franck Dubosc en serveur ou Didier Bénureau. Bien entendu, ici c’est la performance de Jean-Paul Rouve qui nous concerne, et il faut dire qu’il ne s’en sort pas trop mal en agent de la sûreté complètement dépassé par les événements (et carrément à la masse). Néanmoins le reste du casting ne suit pas, notamment une Aure Atika en flic pas du tout crédible et un Thierry Lhermitte qui ne sait visiblement pas très bien ce qu’il fait là. Heureusement
Trafic d’influence a été oublié depuis bien longtemps, reste juste cette bonne phrase dans la bande annonce : « - Et si on organisait une battue ? – Et pourquoi pas un Karaoké ? ».
TANGUY - CLASSE
Jean-Paul trouve ici un surnom qui va le poursuivre durant toute sa carrière : « Enculé ». Effectivement, dans
Tanguy, il joue le rôle d’un avocat, ami du jeune homme ; qui, par le biais d’une loi, oblige les parents à garder Tanguy à la maison. Ainsi, notre pauvre couple de parents dépassés (André Dussolier et Sabine Azéma, excellents) est forcé d’héberger son enfant, malgré que celui-ci soit en âge de quitter la maison, qu’il possède son propre emploi et que, surtout, il ramène des filles dans sa chambre. C’est tout logiquement qu’André Dussolier criera sur les marches du palais de justice : « Enculé », mot qui déterminera assez bien les prochains rôles de l’acteur. Le film, quant à lui, écrit et réalisé par Etienne Chatiliez, sera à l’origine de tout un tas d’études sur cette génération qui ne veut pas quitter le foyer familial. Comme toujours chez l’auteur, le long-métrage possède un humour acide où les parents font vraiment tout pour virer le môme, malgré l’affection qu’il leur porte.
Tanguy aura un beau succès en salle, bénéficiant à Jean-Paul Rouve, tandis qu’Eric Berger, le personnage principal, poursuivra une carrière timide au cinéma.