FLIGHT PLAN : PAS TRES CLASSE
Kyle Pratt (Jodie Foster) embarque à bord d’un avion avec sa fille Julia. Jusqu’ici tout va bien. Mais après un petit somme, Kyle réalise que sa petite fille a disparu. Fouillant chaque recoin de l’avion Kyle finit par se demander si elle n’est pas devenue folle tandis qu’aucun passager de l’avion ne semble jamais l’avoir aperçue en compagnie de la gamine. Mystère à la Lost ? Conspiration généralisée ? Thriller fantastique à la
Mémoire Effacée ? Rien de tout cela. Jodie est juste prise dans un thriller non-sensique. Esbroufe proche de l’arnaque de premier ordre,
Flight Plan voit son actrice se débattre le long d’un grand couloir qui vole pendant plus d’une heure trente en criant à qui veut bien l’entendre qu’elle retrouvera sa môme. Et le spectateur insulté d’avoir été pris pour un pigeon de haut vol, tandis que les passagers étourdis n’avaient tout simplement rien vu, rien entendu. C’est pas très malin.
PANIC ROOM : CLASSE
Beaucoup ont conspué
Panic Room sous prétexte que le maître du thriller maniéré David Fincher, au lieu de livrer une nouvelle révolution thématique et mentale à ses spectateurs, se permettait ici de s’offrir une petite pause récréative en mettant en scène à grands coups d’expérimentations « simplement amusantes », un huis clos au scénario simple et efficace. Et c’est d’autant plus dommage que simple et efficace,
Panic Room l’est vraiment. Utilisant à fond le concept de la fameuse chambre du titre, Fincher use (et abuse il est vrai) de ses cadres pour créer une ambiance malsaine et emploie ses acteurs au mieux de leurs capacités. Forest Whitaker, Jared Leto, et surtout Jodie Foster, impériale dans ce rôle de mère qui lui va ici si bien, poussée aux dernières extrémités afin d’assouvir les exigences de son instinct maternel. Sorte de variation du thème de l’envahisseur au cœur d’une forteresse de béton urbaine,
Panic Room voit Jodie camper une Ripley terrestre magnifique, pleine de hargne et d’énergie. On aura beau dire, même le plus mineur des thrillers de Fincher reste un mètre étalon à étudier.
CONTACT : TRES CLASSE
Sorte de pendant adulte au
Explorers de Joe Dante, le Contact de Robert Zemeckis voit note Jodie préférée incarner une scientifique passionnée par l’exploration des étoiles et le contact extraterrestre. Aidé par une réalisation au caractère réaliste portant par contraste aux nues ses passages fantastiques, Jodie happe littéralement le spectateur tant les convictions, l’enthousiasme et l’humanité qui se dégage de son personnage sont touchants et porteurs d’espoir. Tour à tour motivée, hallucinée, fragile ou seule contre tous, l’actrice passe avec une aisance stupéfiante d’un registre à l’autre, construisant une performance remarquable qui émeut autant qu’elle donne foi en une âme humaine regardant toujours au loin. De là à dire que le film tient en grande partie sur sa performance, il n’y a qu’un pas.
TAXI DRIVER : LA CLASSE MONDIALE
Voici la descente aux enfers de Travis Bickle. Il est le plus beau représentant de cette violence soudaine qui fait souvent irruption dans les films de Scorsese. Ce sociopathe moraliste qui se rêve justicier est sans doute l'un des personnages les plus aboutis du cinéaste, car il est la synthèse de toutes ses obsessions. Il est marginal, en dehors des lois qui régissent le monde. Il ne les rejette d'ailleurs aucunement, mais il est comme hors sujet, l'un de ces oubliés qui ne sauraient se conformer aux usages du monde. Travis c'est aussi la révolte d'un loser, dont la frustration longtemps contenue va lui donner la force de commettre un acte barbare, de passer de l'autre côté.
Pendant toute la première partie du film, il tente de « s'intégrer », de draguer cette jolie militante qui oeuvre au bureau de réélection d'un sénateur démocrate. Bon d'accord, il la traque un peu en cachette et l'espionne comme un rôdeur pas très catholique. Mais il obtient quand même un rancard avec la belle. Ça se corse seulement quand il emmène cette jeune fille rangée et BCBG au cinéma pour voir un film porno. Technique de drague certes très originale, mais à déconseiller. A partir de là, ce pauvre type, car c'en est un, développe une sorte d'obsession. Il veut tuer ce fameux sénateur qui serait la cause de sa perte et laver cette ville qui déborde de vices et de péchés. A cette fin, il se met en tête de sauver une jeune prostituée de treize ans (Jodie Foster) des griffes de son horrible mac (Harvey Keitel).
Dans ce long naufrage vers une folie vengeresse et meurtrière se construit le personnage légendaire qui scellera l'alliance de Scorsese et De Niro en symbiose totale. Dans la folie qui envahit son personnage, l'acteur improvisera face à un miroir le fameux « you talkin' to me », gravé dans la mémoire de tout cinéphile qui se respecte.
Dossier rédigé par Alex Masson, Kévin Dutot, Nicolas Schiavi, David Brami, Nicolas Houguet.