A l'occasion de la sortie de
Hairspray où John Travolta se travestit, retour sur la carrière complète d'un acteur dont le parcours peut se schématiser sous la forme d'une grande dent de scie.
Première partie du classe/pas classe..
OPERATION ESPADON – CLASSE MAIS EN FAIT PAS DU TOUTAffublé d’une coupe de minet et d’un costard de grand couturier, l’ami
Travolta campe ici un bad guy ambigu car présenté sous un jour à la fois
ordurier et flatteur. En effet, voici un personnage qui fera les belles
soirées des républicains fans de film d’action décérébrés. Terroriste pou
certains, justicier égal à un Bronson ou un Easwood pour d’autres, Gabriel
Shear (le rôle incarné par John) utilise ainsi tous les moyens illégaux
des grands criminels (chantage, prise d’otages, détournements de fonds,
piratage de systèmes gouvernementaux) afin de financer sa propre petite
guerre contre les terroristes étrangers qui veulent voir l’Amérique tomber
à genoux, les institutions gouvernementales reconnues n’étant pour lui pas
assez efficaces. Outrancier, Badass et bille en tête avec un plan
efficace, Travolta incarne le classieux Chear à la perfection. Dans un
sens, c’est la méga classe. Dans un autre, pas du tout.
VOLTE FACE – SUPER CLASSESacré challenge que celui accepté par John Travola et Nicolas Cage dans ce
troisième film américain de John Woo. Les deux acteurs ont ainsi accepté
des rôles qui vont les forcer à pousser leurs traits d’acting respectif au
maximum, afin d’endosser ceux de leur partenaire lors de la moitié du
film. Et quand on connaît bien le jeu démesuré des deux acteurs, on sait à
quel point l’entreprise est ardue. Mais il en faudra bien plus que cela
pour décourager les deux compères. Et force est de constater qu’ils s’en
sortent à la perfection. Alors que Cage commence avec ses mimiques
habituelles pour finalement calmer son jeu lors du changement d’identité,
Travola débute par une partition toute en retenue, incarnant un agent du
Fbi torturé et obsédé par cette chasse sans fin, explosant radicalement
dans une seconde partie alors qu’il endosse la participation du bad guy
psychopathe patenté et accessoirement jouissant à tous les niveaux de sa
situation d’intouchable. Un sans faute remarquable.

LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR - CLASSELa filmographie de John Travolta regorge de pépites en tout genre dans
lesquelles il a, pour le pire comme le meilleur, gravé des rôles
anthologiques.
Tout juste sorti de sa prestation dans CARRIE, l’acteur se plonge dans le
rôle de Tony Moreno garçon à la vie minable qui va devenir roi grâce au
disco, croise l’amour auprès de sa partenaire de danse ce qui va peut être
le pousser a choisir entre ses différentes aspirations. C’est ce rôle qui
va définitivement asseoir la popularité de l’acteur et le consacrer au box
office. Corps félin enfermé dans un costume blanc, cheveux gominé et
chaîne autour du cou, Travolta impose son corps, soutenu par la B.O des
Bee Gees , tout au long de séquences devenues cultes (l’habillage devant
la glace , la danse avec Stéphanie) qui deviendront des références pour la
poursuite de sa carrière . Il n’en reste pas moins que l’acteur y montre
un talent et une présence, corps en mouvement permanent qui se cherche et
s’exalte sur la piste mais qui ne trouve pas réellement son équilibre dans
le monde .Travolta y gagne ses galons de star mais le personnage de Tony
phagocytera ses prochains rôles pour finalement lui offrir un come back
retentissant avec Pulp Fiction mais ceci est une autre histoire.