ARIZONA DREAM TRES CLASSE
Quatrième long métrage de Emir Kusturica,
Arizona Dream nous conte l'histoire d'Axel Blackmar (Johnny Depp), un jeune homme rêveur appelé à se rendre en Arizona afin d'assister au mariage de son oncle (Jerry Lewis). Emir Kusturica marie à merveille la comédie délirante et la tragédie dans un univers où s'entremêlent les rêves des différents personnages. De cette atmosphère onirique, parfois planante, émergent des moments d'une grande beauté et d'autres d'une forte intensité dramatique, le tout soutenu par la superbe composition musicale de Goran Bregovic. Si les talents sont multiples devant la caméra (Vincent Gallo, Lili Taylor), Johnny Depp porte en grande partie le film sur ses épaules puisque le récit adopte le point de vue d'Axel. A l'époque, l'acteur n'a pas encore dévoilé toute l'étendue de son registre et son image de minet lui colle encore à la peau. Mais grâce au succès de
Edward aux mains d'argent, son talent commence enfin à être apprécié à sa juste valeur, un talent que
Arizona Dream vient alors largement confirmer.
ELEDWARD AUX MAINS D'ARGENT TRES, TRES CLASSE
N'y allons pas par quatre chemins: si tous les films du monde étaient réunis dans une seule et même Cinémathèque; que cette dernière prenait feu et que l'on n'avait le temps de ne sauver que trois films de Johnny Depp,
Edward aux mains d'argent en ferait partie à coup sûr. (Comment ça, c'est tiré par les cheveux?)
Non seulement l'acteur nous livre là une de ses performances les plus vibrantes et émouvantes, mais il en est également de même pour Tim Burton, qui entame avec ce film une série de chefs-d'œuvre indiscutés. Nous sommes ici en présence d'une fantaisie burtonienne que l'on sent très personnelle, et il n'est guère étonnant que l'acteur lunaire et décalé qu'est Johnny Depp se soit retrouvé dans cette relecture à peine voilée de l'histoire du monstre de Frankenstein. Différence, intolérance, exclusion, marginalité, folie… Autant de thèmes abordés par Tim Burton, et transcendés par l'interprétation littéralement habitée de celui qui deviendra au fil du temps son acteur fétiche (cinq films au compteur). Les scènes cultes y sont foison: Winona Ryder dansant sous une neige artificielle, le taillage des haies, le salon de coiffure, l'épilogue… Un état de grâce qui ne se produit en général qu'une fois ou deux dans une carrière. En tout cas dans la carrière des autres.
CM
PLATOON TRES CLASSE
Alors qu'il n'en était qu'à ses débuts, Johnny Depp est sélectionné pour faire partie de l'équipe des comédiens de
Platoon (Oliver Stone), film traumatisant qui nous plonge sans ménagement dans le quotidien des soldats américains en pleine guerre du Vietnam. Johnny Depp y incarne Private Lerner, un soldat qui parle vietnamien et devient ami avec Chris Taylor, le personnage incarné par Charlie Sheen. S'il est loin d'avoir le plus de temps d'apparition à l'écran, l'acteur a tout de même dû accepter comme les autres les conditions épiques de tournage du film, à savoir un entraînement intensif en pleine jungle. Une preuve non négligeable de sa capacité à s'investir dans un projet.
ELLES GRIFFES DE LA NUIT CLASSE
La plupart des acteurs devenus célèbres ont fait leurs premières armes sur des films peu glorieux, oubliables, et souvent oubliés. Pas Johnny Depp. Qu'il soit né coiffé, qu'il ait eu très vite le nez creux pour choisir ses rôles ou que son talent l'ait placé naturellement au dessus du lot, peu importe: les faits sont là. Si
Les griffes de la nuit avait tout à l'époque d'un petit film d'horreur fauché de plus, et si le personnage de
petit-ami-de-l'héroïne-qui-rencontre-un-sort-funeste de Depp ne lui permet pas particulièrement de se démarquer, force est de constater que le nom de l'acteur est aujourd'hui attaché à un des films d'épouvante les plus cultes des années 80, et accessoirement à un des tous meilleurs films de Wes Craven (pour beaucoup; "Le" meilleur). La grande scène de la mise à mort du minet -on ne pense pas dévoiler grand-chose en l'évoquant- constitue un des passages les plus fendards et graphiques du film, et même de toute la série. Aussi "simple" qu'efficace.
A noter: Johnny Depp fera une apparition clin d'œil dans le sixième Freddy;
La fin de Freddy: l'ultime cauchemar (Rachel Talalay, 1991), où il sera crédité au générique sous le nom de Oprah Noodlemantra. Certes.
CM
Dossier préparé par Nicolas Houguet, Elodie Leroy et Cédric Muffat