Encore « jeune » acteur dans le paysage du cinéma français, Kad Mérad, la quarantaine passée, enchaîne depuis le début des années 2000 les projets à une vitesse folle. Il est devenu, en très peu de temps, l'un des plus grands comédiens de notre patrimoine, autant sur le plan comique où il excelle, que sur le plan dramatique. Autrefois, il était « Kad et O. », du duo qu'il créa avec Oliver Baroux à la radio. Aujourd'hui, succès oblige, il s'est fait un nom et est (re-)devenu Kad Mérad. A l'occasion de la sortie du film
Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon et de son succès fulgurant, revenons sur quelques oeuvres marquantes (ou pas !) de cet incroyable acteur.
MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE ? - Très classe
Kad Mérad connaît le succès grâce au duo comique qu'il forma avec son grand complice Olivier Baroux. Et comme tout humoriste qui se respecte, surtout aujourd'hui, leurs personnages cultes se retrouvent un jour adaptés pour le grand écran.
Mais qui a tué Pamela Rose ? est donc issu d'une série de sketches. Kad et O. avaient inventé les personnages de ces deux policiers Bullit et Riper il y a dix ans, quand ils improvisaient à la radio, puis sur la chaîne Comédie ! où fut créé le feuilleton du même nom. Et ce film est à la hauteur de leur délire. Un gag toutes les deux secondes, et des très bons ! Mettre un générique de fin en plein milieu du film, ou jouer un morceau de Beethoven avec des cercueils métalliques, il fallait y penser, et surtout oser ! Bien sûr, il vaut mieux être un cinéphile averti, si l'on ne souhaite pas passer à côté de nombreuses références, tel
Le silence des agneaux,
Seven ou bien encore
Psychose. Mais le film ne s'arrête pas à ce simple stade, et va encore plus loin en recréant l'ambiance visuelle des séries et films policiers américains des années 70/80. Ainsi, à l'instar des oeuvres de Mel Brooks,
Mais qui a tué Pamela Rose ? s'inscrit dans la lignée des plus grandes parodies du cinéma. On en redemande !
JE VAIS BIEN NE T'EN FAIS PAS - La classe ultime
Il ne serait pas très original de dire que ce film est son
Tchaô Pantin. Aujourd'hui, dès qu'un « comique » se lance dans le drame, on assimile automatiquement sa prestation à celle, jadis, de Coluche. Néanmoins, force est de constater quelques points communs. L'histoire est magnifique, la musique envoûtante, et le casting parfait ! Le jeu de Kad, tout en retenue, est marqué par des silences d'une force incroyable. Et grâce à ce film, il remporte le César du meilleur second rôle, ce qui lui vaut d'être reconnu par ses pairs. Et le mérite est là ! Ce rôle de père, obligé de porter en lui un lourd secret afin de préserver sa fille, était loin d'être évident. Kad y est bouleversant de justesse, et l'on en vient à souffrir avec lui, au début comme à la fin, lorsque la vérité éclate brusquement. Finalement, le film est à l'image de ce personnage : humain. Et ça, çà fait beaucoup de bien...