CERTAINS L’AIMENT CHAUD CLASSE
Témoins inopinés d'un règlement de compte perpétré par la Mafia, deux musiciens au chômage de Chicago, Joe et Jerry, se voient contraints d'intégrer un groupe de jazz féminin sous les traits de Joséphine et Daphné. Leur couverture est parfaite jusqu'à ce que "Joséphine" tombe amoureuse d'une chanteuse, Sugar, qu'un ancien playboy s'éprenne de "Daphné" et qu'un parrain de la Mafia décide de les éliminer. Difficile de pouvoir aborder de manière succincte pareil monument de comédie hollywoodienne. Œuvre culte d'un auteur de génie, Wilder pouvait exceller dans de nombreux genres comme la comédie avec
Sabrina, le polar avec
Assurance Sur La Mort, ou le drame avec
La garçonnière.
Some Like It Hot a marqué l'histoire par son culot et par les nombreux talents dont il est la convergence. Rétrospectivement, le film n'a pas pris une ride et conserve l'incroyable fraîcheur dont il fait preuve. Cette comédie de meurs emprunte de larges influences à Capra dans la manière dont elle dépeint ses personnages et leurs relations, tout en conférant une dimension burlesque propre à l'esprit de Wilder. Mais le traitement humoristique va bien plus loin que ce qu'il n'en paraît. Il convoque subtilement une critique acerbe des relations humaines au sein de
l'american way of life. Dans la droite lignée de ses précédentes œuvres, Wilder poursuit son étude acide des relations entre hommes et femmes tout comme il l'avait initié dans
Sunset Bouleverd 9 ans auparavant. Bien entendu le rapport au travestissement est fortement symbolique et permet à Wilder de traiter d'un sujet peu commode pour l'époque qu'est celui de l'ambiguïté sexuelle. On peut même aller plus loin, Wilder joue avec l'ambiguïté des genres dans la forme du film elle-même. Le dynamisme des séquences ne retombe jamais, servi par une galerie d'acteurs incroyables. Le film enchaîne les séquences mémorables dont l'humour ne tombe jamais à plat. Redécouvrir ce chef d'œuvre dans sa version restaurée est un grand bonheur.
LE GRAND SOMMEIL HOWARD HAWKS TRES CLASSE
Le général Sternwood charge le détective privé Philip Marlowe de le débarrasser d'un individu douteux nommé Geiger, qui fait chanter sa fille Carmen, une nymphomane ; il mentionne aussi son ami Regan, qui a disparu. Marlowe, qui a fait la connaissance de Vivian, la sœur de Carmen, prend en filature la voiture de Carmen et découvre dans une maison isolée le cadavre de Geiger et Carmen, complètement ivre. Marlowe raccompagne Carmen chez elle et exige de Vivian le silence complet, puis il retourne auprès du cadavre de Geiger mais ce dernier a disparu. Le scénario, basé sur le livre de Raymond Chandler, est complexe à souhait : Il est bien difficile de prétendre avoir tout compris dans cette histoire de chantages à plusieurs étages qui comporte un nombre impressionnant de fausses pistes. Howard Hawks disait qu’il n’avait lui-même pas tout compris! En tout cas, avec ce film, il établit les lois du genre : le détective privé (Bogart en Philip Marlowe sera un modèle pour nombre de films), l’atmosphère épaisse, urbaine, mais jamais sordide, les superbes éclairages de scènes principalement nocturnes. Tout est là. A la fin des années 90, une version différente a été redécouverte, version sortie en 1945 uniquement pour être projetée aux militaires américains dans le Pacifique. Cette version de 1945 est plus linéaire avec des scènes en plus, des scènes de scénario essentiellement, et d’autres en moins notamment les scènes Bogart/Bacall que Hawks a allongées et tournées à nouveau pour la sortie définitive en 1946. Le but recherché par la Warner était de renforcer le personnage interprété par Lauren Bacall qui venait de recevoir des commentaires catastrophiques pour un autre film, "Confidential Agent" (Agent Secret) d’Herman Shumlin.

DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES CLASSE
Cinq ans de prison et la tuberculose ont affaibli Tony le Stéphanois, ex-caïd. Pour se refaire, il prépare minutieusement avec ses amis Jo le Suédois, Mario et César, le hold-up d'une bijouterie parisienne. Le coup réussit au-delà de leurs espérances. Une bande rivale, voulant s'approprier le magot, combat Tony et ses amis. La guerre fait rage et cessera faute de combattants. Les deux bandes rivales s'étant mutuellement anéanties. Un classique signé Jules Dassin. Prix du meilleur réalisateur et nomination à la Palme d'or, lors du Festival de Cannes 1955.