LA LEGENDE DE BAGGER VANCE : Un peu Classe
Le film de Robert Redford n’avait pas convaincu lors de sa sortie en 2001. On reprochait à la pellicule d’être léchée jusqu’à épuisement, l’esthétisme à outrance et son académisme avaient également été pointés mais cependant tous ont reconnu un joli trio d’acteurs. Malgré Will Smith en tête d’affiche, on remarque néanmoins un fascinant Matt Damon qui semble, dans son jeu tout en retenue et subtilité, aller à l’encontre de l’exaltation peu délicate des grandes valeurs américaines. En effet, le comédien semble toujours en retrait, quasi absent de ce long-métrage dont il est néanmoins l’un des personnages principaux. Mais ce repli n’est que bénéfique et chaque apparition de Damon offre alors une touche de finesse à ce film qui ne fait pas toujours dans l’habileté... L’un des premiers grands rôles des années 2000 pour le comédien qui commence donc à se faire sa petite place dans le milieu fermé d’Hollywood.
CONFESSIONS D’UN HOMME DANGEREUX : Classe
Matt Damon n’y fait qu’une brève apparition aux côtés de son pote Brad Pitt dans l’équivalent américain de notre
Tournez Manège... Ce caméo muet est tout simplement génialissime puisque la simple manifestation des comédiens à l’écran crée une situation comique des plus intelligentes. En effet, les deux hommes, plus sexy que jamais, sont en compétition avec un autre concurrent (aussi inconnu que banal) qui emporte néanmoins les faveurs de la jeune femme censée choisir l’homme de sa vie. « Elle ne sait pas ce qu’elle perd... ». Cette première réalisation de George Clooney, racée et personnelle, est un excellent portrait de l’Amérique des années 70, entre guerre froide et divertissement à outrance. Intelligemment mis en scène, très bien joué et agrémenté d’une BO du tonnerre, Confessions d’un homme dangereux est une petite réussite déjà culte.
RAISONS D'ETAT : grande classe
Non seulement, le film est un retour brillant de Robert de Niro à la réalisation mais il donne aussi à Matt Damon l'occasion d'aborder l'espionnage sous un autre angle que dans la peau de Jason Bourne. Il incarne ainsi un personnage en rupture avec ses emplois habituels plus allègres ou plus physiques. Son personnage est ici secret, introverti, concentré et inquiétant tant il cultive le mystère. Sa sobriété répond à l'élégance classieuse de la mise en scène toute en finesse et en suggestion. Edward Wilson met donc l'honneur au dessus de tout, ainsi que le patriotisme et le secret, quitte à sacrifier sa famille à son sacerdoce (Angelina Jolie dans le très beau rôle de l'épouse délaissée). C'est par l'intimité et l'intériorité du personnage que De Niro évoque la genèse de la CIA, presque d'une manière psychanalytique. Matt Damon dans le rôle de cet homme fermé se montre à la hauteur de l'enjeu. De plus, il est parfaitement crédible dans le vieillissement (physique et moral) et l'évolution du héros (la perte de ses illusions). Nous tenons avec cette oeuvre l'un des grands films de l'année dernière, notamment grâce à son casting parfaitement au diapason de l'intelligence et du raffinement dont a fait preuve leur metteur en scène.
GREEN ZONE : très classe
Pour une majorité du public, Paul Greengrass est avant tout le technicien hors pair qui a donné un second souffle formel au film d'espionnage, avec La Mort dans la peau et La Vengeance dans la peau. L'homme s'est avant tout fait connaitre pour son travail d'auteur-réalisateur sur Bloody Sunday (2002), un film indispensable et parfaitement documenté sur l'émeute meurtrière qui parcourut les veines de l'Irlande du Nord en 1972. Dans Green Zone, il retrouve son acteur fétiche et filme la débandade américaine en Irak, dans une sorte de suite indirecte à son Vol 93, oeuvre anxiogène et ultra réaliste à bord d'un des avions du 11 septembre. Paul Greengrass n'en a pas fini avec les mensonges de l'impérialisme.