Par La Rédaction - 11 janvier 2010 - 0 commentaire(s)

Membre de la célèbre troupe du Splendid, aux côtés de Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot, Michel Blanc a, depuis, parcouru un incroyable chemin professionnel. Après avoir exploité pendant de très nombreuses années son personnage de Français moyen (Les Bronzés, Viens chez moi, j'habite chez une copine), l'homme s'est orienté vers des rôles plus sérieux (Monsieur Hire, La Fille du RER), sans pour autant délaisser la comédie (Nos 18 ans). A l'instar de ses anciens complices, le comédien a également franchi le cap de passer derrière la caméra, et ce, afin de mettre en scène ses propres films. De Marche à l'ombre à Embrassez qui vous voudrez, en passant par Grosse Fatigue et Mauvaise Passe, l'homme a prouvé qu'il était définitivement un artiste complet. Cette semaine, à l'occasion de la sortie en salles d'Une petite zone de turbulences, un film réalisé par Alfred Lot (et écrit par Michel Blanc), nous vous proposons de survoler l'ensemble de sa carrière, de ses toutes premières participations cinématographiques à aujourd'hui.
 
ON AURA TOUT VU : CLASSE
Mis en scène par Georges Lautner, écrit par Francis Veber, On aura tout vu est une très bonne comédie française sortie en 1976. Pierre Richard y partage le haut de l'affiche aux côtés de Miou-Miou, Henri Guybet et Jean-Pierre Marielle. Miou-Miou y incarne une jeune comédienne jouant au théâtre du Splendid, très en vogue à l'époque. C'est donc en toute logique qu'apparaissent Christian Clavier, Marie-Anne Chazel et Michel Blanc dans leurs propres rôles (bien que très furtifs). Difficile donc de juger de leur prestation. En revanche, l'oeuvre dans son ensemble mérite vraiment le détour. Veber développe petit à petit son personnage de François Perrin et propose une véritable satire du film érotique voire pornographique. Charmant.
 
VOUS N'AUREZ PAS l'ALSACE ET LA LORRAINE : CLASSE PROGRESSIVE
Unique réalisation de Coluche au cinéma. L'ensemble apparaît bancal, mais l'humour, hautement parodique, finit par prendre le dessus. Gérard Lanvin chante admirablement des paroles écrites par Serge Gainsbourg (« On m'appelle le chevalier blaaaaaanc... ») et se voit la possibilité de donner la réplique à de prestigieux comédiens : Coluche, bien sûr (dans le rôle du Roi Gros Pif), mais aussi Anémone, Roland Giraud, Gérard Jugnot, Martin Lamotte, Dominique Lavanant ou bien encore Philippe Bruneau. Michel Blanc, quant à lui, interprète Antremont, un ministre complotant dans le dos du Roi. Le personnage n'est pas d'une importance extrême mais permit au comédien de participer à une oeuvre unique, mal jugée en son temps, et qui finit par prendre de la « valeur » avec l'âge. Comme quoi...
 
LES HEROS N'ONT PAS FROID AUX OREILLES : CLASSE SYMPATHIQUE
Charles Némès est un cinéaste discret mais sympathique, à la filmographie plus qu'intéressante. Preuve en est avec cette charmante comédie sortie à la fin des années 70, narrant le quotidien de deux cousins interprétés par Daniel Auteuil et Gérard Jugnot. Ils vivent ensemble et travaillent dans la même boite. Un jour, ils décident de s'offrir un petit week end à la campagne et vont brusquement tomber sous le charme d'une mystérieuse auto-stoppeuse. Une série de « sketches » tantôt drôles, tantôt émouvants, qui se laissent regarder avec un certain plaisir. Michel Blanc incarne un personnage secondaire, Parisien de base (prétentieux et inculte) à qui les deux héros demandent leur chemin pour accéder au Sacré-Coeur de Montmartre en voiture. Amusant.

 

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LES BRONZES : TRES TRES CLASSE
Le film de toute une génération. Les Bronzés décrit avec ironie les moeurs des Français partant en vacances au Club Med. Bien plus qu'une simple comédie adaptée d'une pièce de théâtre, Les Bronzés est avant tout l'un des premiers films (le second, pour être précis) mis en scène par un réalisateur plein d'avenir, Patrice Leconte. Celui-ci, tout en restant fidèle au texte, impose son point de vue et réussit à apporter une pointe d'émotion au sein de l'histoire (la mort de Bourseault piqué par une raie, la relation entre Bernard et Nathalie, la prise de conscience finale de Popeye...). L'ensemble fonctionne admirablement et l'arrivée du Splendid au cinéma aura définitivement changé l'histoire de la comédie en France.
 
LA GUEULE DE L'AUTRE : CLASSE
Troisième mise en scène signée Pierre Tchernia pour le cinéma, La gueule de l'autre laisse la part belle à Michel Serrault, interprétant un double rôle, celui d'un politicien sur le point de se présenter à la prochaine présidence de la République, et celui de son cousin, comédien raté lui ressemblant étrangement. Après une série de mésaventures, les deux personnages se mélangent et trompent leur entourage. Michel Blanc joue un flic ringard, totalement incompétent (et donc très drôle). Une fois de plus, il doit se contenter d'un rôle secondaire mais côtoie des partenaires hautement prestigieux : Serrault, bien évidemment, mais aussi Jean Poiret, Bernadette Lafont, Roger Carel ou bien encore Georges Géret. Une comédie politique très efficace.
 
LES BRONZES FONT DU SKI : TRES CLASSE
Un an après le premier volet, on prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci, direction la montagne et les sports d'hiver. On retrouve chaque personnage, plus odieux ou ridicule que jamais. Dans le domaine du ringardisme, Michel Blanc excelle littéralement avec certaines répliques parmi les plus cultes du film (« Je crois que je vais conclure... »). Il est d'ailleurs celui qui ouvre l'oeuvre par une scène irrésistible, en se trompant de gare sous le regard stoïque d'un contrôleur. L'oeuvre présente une succession de sketchs tous aussi réussis les uns que les autres (on y retrouve même une scène issue de la pièce Le Père Noël est une ordure, celle du crapaud séché inséré dans une bouteille d'alcool) et finit par former un ensemble extrêmement sensé. Et bravo à Pierre Bachelet pour sa musique aujourd'hui mythique !
 
VIENS CHEZ MOI J'HABITE CHEZ UNE COPINE : CLASSE
Suite aux succès (relatifs à l'époque) des Bronzés et des Bronzés font du ski, Patrice Leconte se lie d'amitié avec Michel Blanc. Ensemble, ils continuent de développer le personnage de Jean-Claude Dusse, en conservant sa personnalité de boulet franchouillard. Ici, il s'appelle désormais Guy et fait la vie dure à son ami Daniel (magnifiquement interprété par Bernard Giraudeau). Le duo fonctionne à 200% et restera à jamais gravé dans nos mémoires. Tiré d'une pièce écrite par Luis Régo et Didier Kaminka, le scénario se montre terriblement efficace, constitué d'un rythme endiablé, de dialogues irrésistibles et d'un bande originale aujourd'hui culte (Renaud).
 
MA FEMME S'APPELLE REVIENS : MOYENNEMENT CLASSE
Un an après Viens chez moi j'habite chez une copine, Patrice Leconte retrouve son fidèle complice Michel Blanc. Hélas, le coeur n'y est déjà plus et la plupart des situations se montrent particulièrement convenues. Michel Blanc et Anémone forment un couple amusant mais on se lasse très viste de leurs multiples mésaventures. Une comédie bancale, à peine sympathique, sauvée par un casting aujourd'hui haut en couleur (Christophe Malavoy, Jean-Michel Ribes et Patrick Bruel). Michel Blanc exploite jusqu'à la dernière goutte son personnage de dragueur maladroit et a encore du mal à doser la transition entre l'humour et l'émotion.
 
LE PERE NOEL EST UNE ORDURE : CLASSE ULTIME
A l'image des Bronzés et de Papy fait de la résistance, Le Père Noël est une ordure appartient à ces oeuvres incontournables du patrimoine cinématographique français. Scénario original, ici d'une noirceur extrême, dialogues cultes, personnages atypiques, mise en scène maîtrisée... Tout était réuni pour faire de ce film un véritable classique. S'il n'a pas connu un grand succès lors de sa sortie, le temps lui aura finalement donné raison. A noter que Michel Blanc n'apparaît pas à l'image, mais simplement lors d'une conversation téléphonique, entre Thérèse (brillamment interprétée par Anémone) et un obsédé sexuel. Culte. Culte. Culte.
 
CIRCULEZ Y A RIEN A VOIR : MOYENNEMENT CLASSE
Patrice Leconte, réalisateur du film, en parle aujourd'hui avec une certaine honte. Il est vrai que, depuis, l'homme nous a habitués à mieux. Pourtant, cette comédie sortie en 1983, sans être exceptionnelle, propose un agréable divertissement. L'histoire, certes basique, est avant tout portée par un trio d'acteurs particulièrement dynamiques, qu'il s'agisse de Michel Blanc, Jacques Villeret ou bien encore Jane Birkin. Peu crédible, le « couple » principal, constitué de Blanc et de Birkin, se révèle malgré tout efficace, très drôle de par leur antagonisme flagrant, si bien que l'on prend un malin plaisir à suivre leurs mésaventures. Un bon film du dimanche soir en somme.
 
PAPY FAIT DE LA RESISTANCE : CLASSE ULTIME
Le film qui a coûté plus cher que le Débarquement ! Christian Fechner, producteur en vogue à l'époque, décide de transposer la célèbre pièce du Splendid au cinéma. Son idée est simple : réunir le casting le plus spectaculaire de tous les temps. La fameuse équipe, bien sûr, mais aussi des vieux de la vieille, tels que Jacqueline Maillan, Jean Carmet, Jacques Villeret, Michel Galabru, Roger Carel, Jean-Claude Brialy ou bien encore Jean Yanne. Michel Blanc y interprète un petit rôle, un curé servant d'intermédiaire entre le futur résistant Michel Taupin et la famille Bourdelle. Un rôle presque aussi court que celui de Bernard Giraudeau dans le film. Rien d'extraordinaire donc, mais le prestige d'avoir pu participer à ce grand classique de la comédie française.

 

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MARCHE A L'OMBRE : TRES CLASSE 
Au début des années 80, chaque membre du Splendid n'a encore tourné qu'une poignée de films en tête d'affiche, que ce soit en bande ou en solo. Certains vont alors commencer à se démarquer réellement grâce à leur premier long-métrage en tant que cinéaste. C'est le cas de Gérard Jugnot et de Michel Blanc. Le premier signe Pinot, simple flic, le second Marche à l'ombre, tous deux en 1984. Le public est au rendez-vous, pour l'un comme pour l'autre. Michel Blanc rend un brillant hommage au road movie « sauce française », en créant un duo original face à Gérard Lanvin et en accumulant des séquences aujourd'hui cultes (souvenez-vous de Michel Blanc victime d'une crise d'hallucination après avoir fumé de la drogue). Un film culte, qui exploite son personnage de Français moyen créé à l'époque des Bronzés.
 
TENUE DE SOIREE : CLASSE IRREPROCHABLE
Pour beaucoup, la plus grande réussite dans la carrière du cinéaste Bertrand Blier. Il est vrai qu'à l'époque l'homme faisait encore preuve d'un sacré culot. Ecrire une histoire d'amour entre le mastodonte Gérard Depardieu et le frêle Michel Blanc, il fallait oser. Parfois crû, mais jamais vulgaire, Tenue de soirée se présente comme un véritable bijou en matière d'écriture, de jeu et de mise en scène. Un film simplement parfait où chacun excelle en son domaine. Et le plus étonnant dans cette histoire, c'est que l'on y croit, du début jusqu'à la fin.

LES FUGITIFS : TRES CLASSE
Dernier volet de la trilogie conçue par Francis Veber avec Pierre Richard et Gérard Depardieu, Les Fugitifs n'atteint malheureusement pas la folie humoristique de La Chèvre mais réussit en revanche un mélange particulièrement inattendu de la part de son auteur entre comédie et émotion. Michel Blanc y tient un rôle secondaire, un médecin pris un otage par le duo principal dans le but d'une consultation. Malheureusement pour eux, l'homme rentre tout juste de soirée et a semble-t-il quelques grammes d'alcool dans le sang. Un grand moment de franche rigolade.

SANS PEUR ET SANS REPROCHE : CLASSE
L'un des plus gros échecs dans la carrière de Gérard Jugnot cinéaste. Quelques années seulement avant l'énorme succès des Visiteurs, l'ex-Pinot s'essaye à la comédie moyenâgeuse. Pour ce faire, il réunit bon nombre d'amis (Gérard Darmon, Ticky Holgado, Gérard Klein, Victoria Abril, Patrick Timsit, Michel Blanc...) et s'inspire grandement des Monty Python, tout en conservant son propre style. Au final, Sans peur et sans reproche est une comédie historique teintée d'action et d'aventure bougrement efficace. Michel Blanc campe un chirurgien aux méthodes extrêmes. De grands moments d'humour noir, l'un des préférés de Jugnot.

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