AKIRA : très classeAaaah !
Akira ! Que de souvenirs! Les premières photos dans Mad Movies, comme ça, sans trop y croire. Et puis on commence à acheter la BD éditée en fascicules chez Glénat, histoire de patienter. A l'époque, il faut bien le dire, l'animation japonaise n'avait pas eu trop les honneurs de sorties en salle. C'était
Dragon Ball, Ken Le Survivant (allez, on a tous regardé ça), bref des trucs au charme sauvage et primitif mais techniquement... Comment dire...
Il est question d'un jeune mec qui rate un virage et rentre dans un gosse/vieillard télépathe. Dès cet instant, tout bascule. Il se sent de nouvelles capacités grandissantes, tout le monde lui court après, amis, ennemis... Une fois devenu très fort, c'est lui qui court après tout le monde ! Destructions massives, armée balayée, ville ruinée, combats paranormaux... Et si tout ça était un problème d'égo remontant aux bacs à sable ?
Quel film, mes amis ! Quel film ! Unique (UNIQUE) oeuvre appartenant intégralement à Katsuhiro Otomo,
Akira est parmi les derniers grands chefs d'oeuvres techniques de l'animation traditionnelle (avec le vol en balai de
Kiki Delivery Service de Miyazaki, une autre claque). Les couleurs pètent de partout, chaque parcelle de l'image est en mouvement, travellings pas croyables, audaces de mise en scène incessantes. C'est dingue ! Expressivité des personnages poussée au paroxysme (à côté, tous les personnages Disney ont l'air d'être cryogénisés), travail invraisemblable sur l'éclairage, sans parler d'une animation accélérant ou ralentissant le mouvement toujours au bon moment. Chaque scène est pensée comme une chorégraphie. Quant au son, n'en parlons pas. On voit le film rien qu'en écoutant les bruitages et la musique new age de Shoji Yamashiro Gumi. En revoyant aujourd'hui
Akira on se rend compte qu'il s'agissait d'une véritable superproduction, d'un travail pharaonique guidé par une vision et les angoisses d'un seul homme, Katsuhiro Otomo.
Les thèmes et les genres abordés par le film sont légions : polar, film de biker, espionnage, fantastique, SF, horreur, anticipation, mysticisme, psycho drame, post apocalyptique. Fourre tout ou synthèse définitive ? On ne le saura jamais. De toute façon,
Akira est une expérience. Un classique indémodable ? Une date importante mais dépassée ? Ne demandez pas ça à quelqu'un qui l'a vu le jour de sa sortie en Juin 1990, et le lendemain, et le surlendemain... Vous lui feriez vraiment de la peine.