Clint Eastwood est une icône, à l'égal d'
Henry Fonda, une grande incarnation de l'Amérique. C'est d'abord une silhouette mythique, impressionnante et intimidante, celle de l'Homme sans nom de
Sergio Leone (surnommé ainsi un peu improprement car dans deux des films où il apparaît, il est surnommé « le manchot » et « Blondin »). Il est l'inspecteur cynique et désespéré des « Dirty Harry » (personnage qu'il décrit comme ayant « un sens de l'humour détraqué », en référence à la fameuse scène du Magnum). Eastwood est l'un des acteurs les plus populaires de la planète, fait partie de nos vies et nous a fait aimer le cinéma.
En tant que réalisateur, il est l'un des seuls dignes héritiers des grands classiques dans la forme, rappelant souvent John Ford ou
Howard Hawks. Il a une technique de tournage unique, apaisante, travaillant avec une équipe dévouée et bannissant les hurlements de ses plateaux. Il a offert à
Meryl Streep l'un de ses plus grands rôles avec
Sur la route de Madison. Il va rappeler à tout le monde qu'Angelina Jolie est une grande actrice avec
L'Echange (qui sort le 12 Novembre). On peut déjà voir les images de son prochain film,
Gran Torino. Comme il l'a régulièrement dit, il n'a rien contre le fait de se reposer deux jours, de s'asseoir face à la mer et de contempler le temps qui passe, mais passé ce délai, l'ennui le gagnerait.
La constante activité d'Eastwood est assez impressionnante (
Million Dollar Baby suivi de près par l'impressionnant diptyque formé par
Mémoires de nos pères et
Lettres d'Iwo Jima). Le grand Clint est dévoué à son art et fait preuve d'une inépuisable passion, celle d'un acteur d'abord (comme nous le verrons ici) et d'un réalisateur qui a affirmé sa sensibilité (comme on le verra dans les deux autres parties de ce portrait).