Pourquoi avoir choisi Jack White, leader du groupe White Stripes, pour tenir le rôle de Georgia dans le film ? Cultivez-vous une passion non officielle pour le punk-rock ?
Minghella : (rires) Lorsque Jack White est arrivé sur le casting du film,
White Stripes n’était pas encore un groupe connu. Leur album « Elephant » a changé la donne entre temps. Je voulais surtout un musicien pour ce rôle, car sa sensibilité musicale était primordiale. De tout les musiciens que j’ai rencontré, Jack était le plus respectueux mais aussi le plus connaisseur en matière de musique primitive américaine. Il connaît toutes les musiques américaines depuis leurs sources, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d'américains.. Mais par-dessus tout il a un réel talent d’acteur, il est très théâtral sur scène, un peu comme David Bowie. Il a crée le "phénomène" Jack White. De plus il s’est montré énormément modeste sur le tournage, et a tout de suite montré qu’il était presque plus acteur que musicien, ce qui nous a tous frappé. Il était complètement à l’aise avec le processus du tournage, et avec la caméra. Après l’avoir vu jouer, j’ai regretté de ne pas avoir écrit plus de scènes pour lui tellement il était bon.

Jude Law, vous êtes conscient que dans chacun de vos films vous êtes un objet de désir ? Pas uniquement sexuel, mais un objet que l’on recherche, quelqu’un que l’on veut tuer, …
Tout d’abord, en tant qu’être humain je n’aime pas trop être appelé un « objet » de désir. C’est très difficile lorsque soudainement on met sous la loupe l’ensemble de mon travail… J’essaye à chaque fois de trouver des rôles différents, de relever de nouveaux défis. J’espère que l’on me voit comme ça et non comme un « objet », car si c’est le cas je n’aurais plus le choix qu’entre refuser ce type de rôle ou accepter telle quelle la fatalité…
Philip Seymour Hoffman, vous vous faites spécialiste des métamorphoses : on vous a vue en obsédé sexuelle, dandy arrogant, pasteur déchu, Drag Queen,… Est-ce par plaisir personnel, ou est-ce dû uniquement aux choix des réalisateurs ?
C’est les deux à la fois. Je me rapproche de ce qu’a dit Jude, c'est-à-dire faire à la fois des choix constamment différentes et se lancer des défis. Et cela dépend du choix de l’artiste, le choix de garder sa passion et son intérêt vivants. J’aime approcher des environnements différents, sinon je crois que l’on devient quelqu’un de stagnant, de complaisant. J’aimerais rappeler une phrase d’Eugene O’Neal, dont j’aimerais me souvenir exactement, mais qui disait à peu près qu’il fallait « embrasser son prochain échec », car on en sort grandit. Et Jude est pour moi parfaitement comme ça : il ne fait jamais la même chose, se renouvelle constamment, prend des risques. J’espère qu’on peut en dire autant de moi. Ce qui m’intéresse est d’avoir un travail dont je puisse être fier, et relever des défis artistiques.
A quel moment Jude Law choisissez vous de produire un film et/ou de jouer dedans ?
Les quelques films sur lesquels je suis impliqué comme producteur sont loins d’être achevés ou même écrits. Il n’y en a pour le moment qu’un dans ce cas (
Sky Captain and The World of Tomorrow, Ndlr). Mais je me vois plus comme un acteur qui va de temps en temps s’impliquer d’avantage dans le production d’un film, plutôt que comme un « producteur » à proprement parler.