En toute discrétion, dans des premiers ou des seconds rôles,
Colin Firth s’est installé sans qu’on s’en aperçoive comme l’un des comédiens britanniques porteur d’une constante finesse.
Another Country : "gaiement" classe
Le cinéma anglais dans les années 80 s’est soudainement épris, dans la foulée de James Ivory, d’envie d’histoires rétro.
Marek Kanievska, alors réalisateur de pubs, passe au long-métrage avec une histoire
very shocking pour la société british : comment Guy Burgess, futur espion pour le compte des communistes, au cœur d’un fait divers qui éclaboussera Londres dans les années 50, a trouvé sa vocation lorsque, dans ses années d’études à Cambridge, son homosexualité aurait été réprimée par l’institution. Rien de révolutionnaire dans le traitement,
Another country baignant dans de lénifiants chromo d’époque. Le film ne se noie cependant pas dans la naphtaline grâce à l’émergence de deux comédiens :
Rupert Everett, ahurissant de charisme gay et
Colin Firth, un peu plus dans son ombre.
A.M
Valmont : Modernement classe
Valmont aura été une grande victime collatérale de l’autre adaptation des Liaisons dangereuses. Difficile de passer après ce qu’en a fait Frears. Et pourtant,
Milos Forman ne démérite pas en relisant l’œuvre de Choderlos de Laclos sous un angle très différent : en faire une comédie aussi sophistiquée que grivoise. Là où Frears montait en mayonnaise un jeu de la cruauté entre Valmont et Merteuil, Forman joue la carte d’un modernisme avec des acteurs aux souliers et corsets moins serrés. Evidemment
Colin Firth ne peut pas rivaliser avec
John Malkovich, mais Annette Benning se défend bien face à
Glenn Close. Donné perdu d’avance ,
Valmont est un film beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît, a redécouvrir.
A.M
Shakespeare In Love : croûtement pas classe
Bonne idée que celle de vouloir revenir, façon comédie romantique, sur la création de Roméo et Juliette, la pièce la plus romantique du monde. Sauf si c’est pour la raconter à la manière d’un, certes luxueux, Au Théâtre ce soir, où tout sent le toc, le surjoué. Surtout Joseph Fiennes, insupportablement cabotin en William Shakespeare. Gwyneth Paltrow en inspiration pour Juliette, reste néanmoins sauvable d’un film ultra-nunuche.
A.M
Le journal de Bridget Jones : chicklit’ement classe
Renée Zellweger réussit à offrir un portrait de femme terriblement réaliste (et donc forcement terriblement attachante) avec son personnage de célibataire endurcie, complexée par son poids et par son manque de réussite avec la gent masculine, le scénario ne suit pas.
La seule personnalité de son héroïne ne permet pas au film de se démarquer véritablement de la comédie romantique traditionnelle. Surtout quand le scénario se résume finalement au choix cornélien de Bridget entre deux hommes. Seul l’abattage de comédiens uniformément excellents surnage un récit vu, et encore plus lu, des centaines de fois, devenu malheureusement le moule des comédies romantiques pour fiiiiiiiiiiiillles des années 2000. Elles méritent mieux.