Avec la sortie de W. : l'improbable président et la proximité des prochaines présidentielles américaines, nombreux sont les articles, les livres ou les discussions qui abordent et traiteront de la fonction présidentielle aux Etats-Unis. Ainsi, si la majorité des électeurs américains hésitent encore entre John McCain, le candidat des républicains et Baruk Hussein Obama, le plus inattendu et moderne des démocrates, une question relative à la fonction même du Président se pose : comment se fait-il élire ? En effet, nul n’a oublié l’élection douteuse de 2000 où l’Etat de Floride en basculant, installa George W. Bush à la Maison Blanche à la suite d’un Bill Clinton, médusé de voir le fils de son ancien adversaire triompher là où personne ne l’attendait.
Suffrage indirect Cette surprise et le profond remous qu’elle causa eut d’ailleurs pour mérite de mettre plus en exergue encore le système si particulier qui régit l’élection à la fonction suprême. Explications.
Un bipartisme fondateurTout d’abord, la vie politique américaine depuis les origines de la démocratie outre Atlantique est polarisée autour des deux seuls grands partis qui se challengent l’un l’autre : le Parti démocrate et le Parti Républicain. Le premier fut fondé par Thomas Jefferson dès 1792 pour que triomphe le principe d’égalité des droits de tous les citoyens et compta dans ses rangs, nombre des plus illustres Présidents qui accédèrent à la fonction et engagèrent notamment leur pays dans des conflits à l’étranger : Andrew Jackson, qui donna son nom définitif au Parti, Woodrow Wilson et son idée de Société des Nations, Franklin Delanoe Roosevelt et son New Deal, Harry Truman mais aussi John Fitzgerald Kennedy et Lyndon Johnson qui mirent fin à la ségrégation raciale ou encore Bill Clinton. Symbolisé communément par un âne revêtu des couleurs et symboles américains, ce parti qui s’apparenterait à une formation de centre droit chez nous, est ainsi depuis le milieu du XXe siècle le plus progressiste des deux.
Face à lui, se dresse le très conservateur Parti républicain né au milieu du XIXe siècle, des actions menées initialement par des militants anti-esclavage désireux d’offrir aux nouveaux émigrants des terres à l’Ouest, le long de cette frontière que toujours l’on cherchait à repousser. Son nom est à relier aussi à la personne de Thomas Jefferson et à la dénomination initiale du Parti démocrate, The Democratic-Republican Party auquel il fait clairement allusion. Plus traditionnaliste et proche d’un conservatisme rigoureux au XXe siècle, ses idées ont toujours reposées sur la prégnance de l’individu face au système gouvernemental et sur l’égalité en droits de tous les citoyens. Représenté par un éléphant vêtu des couleurs du pays, le Grand Old Party compte parmi ceux qu’il envoya à la Maison Blanche, Abraham Lincoln, celui qui affranchit les esclaves noirs avec L’Emancipation Proclamation mais aussi l’illustre Grant ou encore Richard Nixon, Ronald Reagan et George Bush père.

Ces deux partis monopolisent l’activité et l’actualité politique aux Etats-Unis mais ils ne sont toutefois pas seuls à être en lice lors de l’élection présidentielle. En effet, il est des toujours des indépendants comme Ralph Nader qui se joignent à la compétition mais aucun d’eux n’a de chance réelle de l’emporter et d’avoir une véritable et profonde influence sur la campagne.
C’est donc ainsi que s’organise la vie politique américaine et dans les rangs des deux partis majoritaires que sont issus les principaux candidats à l’investiture de leur parti puis ceux qui concourent pour accéder à la présidence.