1. >
  2. >
  3. >
  4. >Conan Le Barbare Par Rob Zombie ? [page 4]

Conan Le Barbare Par Rob Zombie ? [page 4]

Par LT - publié le 10 février 2008 à 18h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h54 - 0 commentaire(s)
Plus impressionnant que The Devil's Rejectss et La Maison des 1000 morts réunis, Murder Set Pieces, de Nick Palumbo, est un de ces produits dégénérés qui, avec une excellente opération marketing, pourrait faire parler de lui. En terme de qualités cinématographique, il n'arrive pas à la cheville des deux précipités de Zombie mais son contenu est redoutable: le propos s'avère si dérangeant qu'il a reçu un accueil (critique, public, puriste) glacial lors de sa sortie aux Etats-Unis. Après l’avoir vu, on peut comprendre les raisons de ce rejet quasi-unanime. Une première lecture de Murder-Set-Pieces inspire le dégoût et la nausée avec ses parallélismes nauséabonds, voire équivoques. Ce serait lui ôter tout le second degré de son discours bizarrement plus ridicule qu’offensif, tant ses uniques ambitions se résument à choquer délibérément. Comparativement aux récents opus horrifiques qui narrent les parcours de tueur(s) en série, ce film se distingue par sa volonté de dépeindre l’univers clinique de son personnage dans un appartement vide, en écho à ses sentiments inexistants. Là où le bât blesse, c’est que le résultat ne se résume qu’à une succession de séquences bouchères, mises en scène avec une certaine complaisance, qui à défaut d’apporter un point de vue ou une réflexion sur le parcours (pour le coup dépourvu de toute concession ou de jugement moral), en fout plein la vue.


Murder Set Pieces


Le personnage principal est un photographe tueur en série qui écume les bars pour photographier (et lever) les prochaines victimes, si possible dans des plans à trois, ça fait plus mode. Quand il tue ou quand il est énervé, il parle en allemand. Parce que, oui, il est d’origine allemande. Histoire de souligner sa besogne assassine avec le passé de son pays en proie au démon délétère. Evidemment, il se couche tous les jours avec une photo de son papa qui sert la pogne du dictateur. Evidemment, il fait ses pompes en matant des vidéos des discours du Führer. Evidemment, il habite une baraque luxueuse où personne n’entend crier ses victimes réfugiées dans le sous-sol. Au moins, ce lien intrinsèque possède le mérite de soulever une problématique intéressante (est-ce que le mal est atavique ?), mais Murder-Set-Pieces a l’impolitesse de ne pas répondre à la question. Loin de toute considération sociale ou politique (puisque ces allusions sont davantage provocatrices que sincères), Palumbo donne l’impression d’avoir isolé les scènes paroxystiques des films d’horreur qu’il regardait ado et de les avoir assemblés pour former un morceau de barbaque sanglant avec la volonté secrète de réaliser le film le plus dégueulasse.


Certains éléments qui font le quotidien du meurtrier sont bien exploités à l’instar du masque de cochon et surtout des dentiers bien méchants. La détermination de situer l’univers du tueur dans un contexte réaliste renvoie à The Ugly, Chopper et Henry, portrait d’un tueur en série. Palumbo situe son récit à Las Vegas et ce n’est certainement pas un hasard puisque comme Verhoeven dans Showgirls, il semble décrire un monde putride de l’intérieur rongé par la cupidité et le sexe sans désir, symbolisés ici par la ville dégoulinante de luxes artificiels. Dans son genre, c’est bien mieux que Feed, de Brett Leonard, et son générique de fin sur fond de Cappella. Ici, on entend de la techno et du rock craignos qui rappelle la texture de la facture : nous sommes en présence d’une série B qui ne revendique rien. Le film se distingue par ses meurtres envers des femmes majoritairement dépeintes comme des salopes bonnes à baiser et à saigner et des jeunes gamines. Quelques idées bien cradingues avec ce tueur qui se fait faire une turlute par une tête de victime décapitée comme dans Haute Tension. Quelques balbutiements du côté de la découverte de la sexualité chez l’enfant qui renforce le contraste entre un monde enfantin (les mômes déguisés pendant Halloween) et un autre, celui, lubrique et pervers, des adultes. Quelques cameos sympas comme celui de Tony Todd, pas encore remis de Candyman, dans un rôle gratiné. Quelques passages bien crades qui donnent envie de sortir la tronçonneuse. C’est très certainement une bonne blague, oui, mais elle fût de très mauvais goût. Les amateurs s'y risqueront; les autres se contenteront de The Devil's Rejects qui possède déjà son (lourd) cortège de scènes fortes. On vous aura prévenus mais une question, légitime, se pose : quelles sont les limites de ce cinéma ?
Vos réactions


logAudience