Par La Rédaction - publié le 17 juin 2008 à 09h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h34 - 0 commentaire(s)
JEAN DE FLORETTE ET MANON DES SOURCES : TRES CLASSE
Avec cette saga qui lui vaudra un César de meilleur acteur en 1986, Daniel Auteuil signe sa première prestation dramatique d’envergure. Dans la peau du méprisable et vomitif Ugolin, notre acteur issu des plus basses œuvres du cinéma populaire des seventies gagne sous la direction d’un autre Claude, un univers étonnant et sidère littéralement son monde. A la limite de l’abjection et éblouissant de surprise, l’homme qu’aidera Papet marquera la filmographie du jeune acteur et inscrira ce qui suivra sous les plus belles des auspices. En effet, Daniel Auteuil signe ici aux côtés des monstres Depardieu et Montand, une prestation que n’éclipsera que la sublime Emmanuelle Béart, elle la jeune débutante dont plus tard il partagera plus qu’une scène. Films s’apparentant à des jalons incontournables dans sa carrière, Jean de Florette puis Manon des sources représentent un tournant évident et révéleront un potentiel dramatique que sauront saisir après Berri, un autre Claude, celui à qui l’on doit le sublime César et Rosalie.


UNE FEMME FRANÇAISE : PAS CLASSE
En 1995 dans un film empesé par le poids d’un couple que tout semble écraser, Daniel Auteuil incarne un homme qui va être trompé. Et ce n’est pas sans mal que celui-ci prend l’habit du militaire pour nous donner envie de ne jamais y croire. En effet, aux lisières du ridicule face à la sublime beauté de sa femme d’alors, celui qu’on admirait en être abjecte ou en policier décadent pâlit face à la presque apparition de Jeanne magistralement interprétée par Emmanuelle Béart. Le personnage de Louis marque effectivement à l’écran les premières limites interprétatives d’un comédien qui semblait susceptible de tout jouer et qui ici se heurte à l’éblouissante dévorante de sa partenaire et à l’inhabituel du film en costumes. Un écart donc que ne combleront ni Sade ni le Bossu.


LA JEUNE FILLE SUR LE PONT : PRESQUE CLASSE
Dans la foulée des films excentriques de Leconte, La jeune fille sur le pont représente pour Daniel Auteuil un défi qu’il ne relèvera qu’à demi, celui d’être un Gabor crédible et non poseur, c'est-à-dire un être audacieux et crédible sans être ni outrancier ni trop vulgaire. Hélas, il faut bien remarquer que l’acteur peine à exister pleinement et dans la durée dans ce rôle d’une rare difficulté. Peinant à exister en raison de l’écriture de son personnage mais aussi au nom d’une monstration esthétisante mais aussi très neutralisante, Auteuil ne parvient pas à dépasser l’écueil et se faire oublier pour que seul son personnage de lanceur de couteaux existe sur la pellicule. Alors, oui, l’acteur ici n’est pas aussi enthousiasmant qu’ailleurs mais au moins a-t-il eu le mérite malgré un demi raté d’avoir si sincèrement essayé.

Textes rédigés par Alex Masson, Romain Le Vern, Vincent Maritini, Gilles Botineau, Nicolas Schiavi, Jean-Baptiste Guégan, Nicolas Houguet, PitouWH, Joe C.
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