Par Nicolas Houguet - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 18h08 - 0 commentaire(s)
David Bowie, au même titre que Bob Dylan, est un symbole. Il a eu plusieurs vies, celle de Ziggy Stardust d'abord, juste après avoir déboulé dans le monde musical en sex-symbol androgyne à la fin des années 60. Evènement inattendu, son apparition a également inspiré le cinéma dans L'Homme qui venait d'ailleurs, Absolute Beginners et Labyrinthe (qui est sorti le 4 décembre en DVD). Il a donné des performances mémorables, notamment dans Furyo ou Basquiat de Julian Schnabel où il incarnait un Andy Warhol plus vrai que nature. On l'a récemment retrouvé dans Le Prestige de Christopher Nolan. Le grand David a inspiré -comme Dylan- Todd Haynes et son étincelant Velvet Goldmine, évocation romancée de la vie de son légendaire Ziggy et hommage à Citizen Kane.

Dès ses débuts à 17 ans, l'inspiration de Bowie est multiple, empruntant aux beaux arts, à la culture orientale (pour les costumes de Ziggy Stardust ainsi que son maquillage), et au cinéma (Kubrick a eu une influence directe sur sa musique en particulier 2001, L'Odyssée de l'Espace, comme on l'entend déjà sur Space Oddity). Empruntant également à la littérature et à la philosophie pour créer une galerie de doubles fantastiques (de Major Tom au Thin white duke), le jeune Bowie impose un univers peuplé de références culturelles iconoclastes et précieuses. Il conservera presque toujours ces emprunts et ces références protéiformes, empruntant à tous les styles pour se forger le sien.


A l'image de T-Rex et Gary Glitter, il sera l'un des initiateurs du glam'rock où l'excentricité vestimentaire et la libération sexuelle absolue -et presque décadente- s'érigeraient en règle. Il est surtout musicalement l'inspirateur de Queen, de Lou Reed et d'Iggy Pop (qu'il sauvera également de l'oubli et de la déchéance). Bowie est donc un événement dans la culture populaire, bien plus qu'un simple musicien, il deviendra assez vite un symbole, une confluence d'influences hétéroclites. Ce caméléon a toujours su saisir l'air avec génie (de sa dérive mercantile et peroxydée dans les années 80, aux prémisses d'Internet, du multimédia, du rock industriel et de la techno qu'il a su intégrer à ses compositions avant tout le monde dans les années 90). Qu'un tel phénomène ait touché au cinéma n'a alors rien d'une surprise (puisqu'il touche à à peu près tous les domaines artistiques).
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