Après le choc
Ong Bak il y a deux ans, l'acteur Tony Jaa et le réalisateur Prachya Pinkaew reviennent avec une nouvelle bombe :
L'Honneur du Dragon (Tom Yum Goong). Cependant,
Ong Bak frappait déjà tellement fort que l'on était en droit de se demander si le tandem Tony Jaa / Prachya Pinkaew allait être capable de nous proposer un film aussi efficace, aussi impressionnant et apportant réellement quelque chose de nouveau par rapport au précédent. Le film
L'Honneur du Dragon n'est-il qu'un
Ong Bak 2 ? Pas sûr. Si
Ong Bak mettait surtout en avant l'incroyable Tony Jaa,
L'Honneur du Dragon révèle cette fois un réalisateur qui risque fort de compter dans le cinéma d'action de demain.
Retour sur le phénomène Ong BakEn France, tout a commencé par des rumeurs : un nouveau venu casse la baraque dans un film thaïlandais dont les scènes d'action repoussent les limites du possible. Le nom du gars : Phanom Yeerum. Le nom de scène Tony Jaa n'apparaîtra que plus tard, lors de l'importation du film dans nos contrées. La teneur de la rumeur : encore plus fort que Bruce Lee, Jet Li et Jackie Chan, Phanom Yeerum réaliserait des cascades inimaginables sans aucun effet spécial. Des extraits circulent déjà et le making-of fait presque autant parler de lui que le film lui-même. Pour en rajouter, les mythes les plus fous font leur apparition : les acteurs se battraient pour de vrai, il y aurait eu un mort sur le tournage… Des rumeurs dignes de celles qui circulaient sur
The Blade de Tsui Hark (dont on disait que les acteurs ne se battaient qu'avec de vraies armes !) et qui seront bien entendu démenties par la suite. En 2004, lorsque la présence d'un certain Tony Jaa est annoncée pour les avant-premières de
Ong Bak dans les festivals, ceux qui attendaient avec impatience la venue de Phanom Yeerum mettent un temps à comprendre qu'il s'agit de la même personne. Précédé par sa réputation, Tony Jaa est accueilli par le public dans une ambiance folle et ne se contente pas d'accompagner le réalisateur Prachya Pinkaew (qui a gardé son nom) et Luc Besson – présent en tant que distributeur – mais impressionne par des démonstrations qui laissent pantois d'admiration les spectateurs et spectatrices venus assister aux projections.
A la vue de
Ong Bak, les impressions laissées par les premiers extraits diffusés se confirment : le film est bel et bien une claque et l'on compare déjà Tony Jaa à Bruce Lee. Elastique, rapide, aérien (connaît-il les lois de la pesanteur?), distribuant à qui mieux mieux des coups fracassants, Tony Jaa porte littéralement le film sur ses épaules, mettant à son service non seulement ses capacités martiales mais aussi ses aptitudes gymnastiques exceptionnelles. Parmi les scènes mémorables, et elles sont nombreuses, la poursuite dans le marché reste la meilleure, même si le climax se défend lui aussi très bien. Seconde star du film après Tony Jaa, un art martial jusqu'alors peu connu en Occident : le Muay Thaï. Le film est en réalité prétexte à présenter cette discipline dans toute sa richesse. Tony Jaa va même jusqu'à annoncer les coups qu'il porte lors de certaines scènes (le fameux "Bathanupat!", traduit par "caresse du visage"...).
Ong Bak explore différentes techniques du Muay Thaï à mains nues en les confrontant à d'autres styles, ainsi que des techniques armées. Poings, pieds, coudes, genoux, tout ce qui peut frapper est mis à contribution pour démolir les adversaires imprudents.
Autre surprise de
Ong Bak : le réalisateur Prachya Pinkaew n'a presque rien à envier aux Hongkongais quand il s'agit de filmer les combats. Prachya Pinkaew a bien compris que la mise en valeur du mouvement et le rendu du rythme des combats étaient fondamentaux dans un film d'arts martiaux. Les chorégraphies sont rythmées par un montage efficace, sans jamais que les mouvements ne paraissent saccadés ou incomplets. Afin de mettre un maximum en valeur les performances de la star du film, certaines cascades sont montrées au ralenti deux voire trois fois de suite, ce qui évoque les interminables ralentis sur les cascades de Jackie Chan à l'époque de
Police Story. Ceux qui croyaient les Thaïlandais – dont le cinéma est encore en développement – débutants en cinéma d'action ont de quoi être stupéfiés par une telle maîtrise. Cela dit, on se souvient qu'un autre réalisateur, un certain Thanit Jitnukul, nous avait déjà mis une sacrée claque en 2001 avec son
Bang Rajan, film barbare dans lequel les scènes d'action rivalisaient de brutalité mais aussi de professionnalisme, sans avoir recours aux effets spéciaux numériques.
Ong Bak confirme en 2003 que la Thaïlande peut prétendre faire concurrence aux films d'action hongkongais, à l'époque en très nette perte de vitesse.