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Deauville 2007 : Entre Cinephilie Et Hysterie [page 3]

Par - publié le 20 mars 2008 à 13h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h44 - 0 commentaire(s)
On la savait actrice, on savait moins qu’elle était réalisatrice – la majorité de ses longs-métrages étant inédit en France. Waitress est celui qui a connu le plus grand succès d’estime en plus d’un passage remarqué au festival de Sundance. En surface, il s’agit d’une comédie américaine banale et idéalement conçue pour dérider les zygomatiques et stimuler l’affect lacrymal des amateurs de sitcom et de beaux lendemains. Grâce à des comédiens attachants, elle se regarde sans déplaisir même si on peine à succomber à sa douce euphorie en oubliant le fait-divers qui a suivi (Shelly a été assassinée par son voisin du dessus qui a maquillé son meurtre en suicide). Le film suit une femme mal mariée qui répond aux agressions de son mari avec ironie et possède l’art de faire des tartes qui réjouissent les papilles des clients. Adrienne Shelly n’avait pas peur du romantisme cucu – celui-là même que Hartley tourne en dérision dans ses films –, ni même d’adresser un message aux ménagères mal mariées. Malgré quelques scories mièvres, le résultat est touchant en fonction de l’attachement que l’on porte à la réalisatrice, à sa carrière passée avec Hal Hartley et aussi grâce à une révélation, Keri Russell, qui dans le rôle principal fait passer toutes les nuances émotionnelles de son personnage bafoué, moins cliché que l’univers dans lequel il évolue. Résultat : on appelle l’attachée de presse pour voir si l’équipe du film s’est malgré tout rendue sur place et l’actrice Cheryl Hines qui joue une desperate housewife est présente. On parle d’elle, de son rôle, d’Adrienne et de sa fille qui vient nous voir – et interrompre – pendant l’interview, veut faire plein de bisous et repart avec son papa avant de dire «I love you mummy». Mignon tout plein.


Tout cela précède L’HYSTERIE BRAD PITT qui réveille soudainement Deauville de sa torpeur avec des petits cris («ah !», «oh !», «il m’a regardé !», «il est bo lol mdr»), poussés aux quatre coins de la ville avec la question qui revient à chaque fois : «est-ce que Brad vient avec ou sans Angelina ?». Et le film, sinon ? Mon collègue Stan a vu L’assassinat de Jesse James, d’Andrew Dominik ce matin et a apparemment beaucoup aimé. Verdict pour bibi à la projo du soir. Mais vu les controverses qu’il soulève (intéressant ou nul à chier, selon les amis de la profession), on sent qu’on va s’amuser.
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