Par - publié le 22 décembre 2008 à 10h05 ,
MAJ le 20 janvier 2010 à 12h51 - 0 commentaire(s)
« Ce que j’aime bien chez les frères Coen, c’est leur créativité et leur capacité à conserver une véritable liberté dans un système hollywoodien qui normalise tout et place tout le monde dans des cases. Et il y a peu d’auteurs comme les frères Coen qui arrivent à garder leur originalité et à résister à cela. En même temps, ce que je trouve intéressant, c’est que ce sont clairement des auteurs, avec un style extrêmement personnel qui pour moi font un cinéma populaire, qui garde quelque chose de profondément ludique. Par exemple, lorsque je vais voir un film des frères Coen, je me marre, il se passe des trucs insensés. C’est très plaisant. Et je suis admiratif de cela, à savoir être et demeurer des auteurs tout en conservant cette dimension ludique du cinéma. En plus de cela, ils ont un style propre et c’est déjà énorme de le préserver dans de tels cadres.»

Jérôme Salle

A l'occasion de la sortie de Burn after reading, les Coen reviennent sur nos écrans après No Country for old men. Et force est de constater que si leurs films ne cessent de sortir et de fonctionner, trop peu de raisons critiques se font jour pour gêner et entraver de manière profitable leur ascension. Pourtant, Ladykillers marquait un insuccès notable et nombre de leurs films peuvent aisément prêter le flanc à la critique, tant au niveau de la faiblesse de leurs scénarios que de la caractérisation de leurs personnages, entre autres reproches possibles. Prenons deux exemples. Fargo malgré ses qualités peinait à véritablement imposer le rythme et la tension du thriller avec profit, sans parler de l'épaisseur psychologique de ses personnages proche d'une nullité volontaire mais creuse en définitive. Pour sa part, No Country for old man installait dans la facilité violente de son récit, une esthétique relativement discutable et un personnage de tueur monolithique allant de l'excès à la caricature grossière. Et j'en passe...



Dès lors, deux questions se posent face aux films des frères Coen : doit-on supporter cet unanimisme béat et être impérativement enthousiaste à chaque sortie de leur nouveau film quand ces derniers le méritent peu ou pas du tout ? Peut-on en somme "détester" avec raison les frères Coen ?

Jean-Baptiste Guégan

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