Par La Rédaction - publié le 03 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h43 - 0 commentaire(s)
Michael Moore s'impose depuis quelques années comme l'un des cinéastes les plus controversés. Après une période bénie où l'homme bénéficia clairement d'un certain anti-américanisme présent dans l'Hexagone, de plus en plus de critiques voient aujourd'hui chez Moore un manque d'objectivité et surtout une manipulation gênante de l'image pour qu'elle colle à sa vérité. Michael Moore, pour ou contre ? Le débat est lancé...


Cédric Muffat : Pour, évidemment.

Alors *bien sûr*, on pourra arguer que ses documentaires sont émaillés de raccourcis malheureux et de contre-vérités qui desservent son propos, mais franchement, qui peut me citer *un seul* documentaire (ou article tant qu'on y est) ne présentant pas la *moindre* erreur factuelle ou omission volontaire ?
Si cela se remarque plus chez Michael Moore, c'est parce qu'il a la plus large diffusion dans le genre, ce qui augmente d'autant le risque de relever d'inévitables bourdes. Peut-être y en avait-il autant dans le documentaire sur la larve du charançon du Massif Central hier soir sur le câble, mais personne ne le dit parce que tout le monde s'en fout.


A l'inverse, imaginez un monde sans Michael Moore, quoi que l'on pense du bonhomme : qui prendrait le relais du pamphlet rigolo et éducatif ? Qui viendrait appuyer là où ça fait mal, braquer son projecteur sur des zones d'ombres que personne ne veut vraiment voir (car les docs sur les licenciements massifs par exemple, c'est déprimant) et rendre ça suffisamment distrayant pour qu'on en redemande ? Morgan Spurlock ? Peu probable ; notre homme est trop occupé à nous pondre des films pour nous expliquer que manger tous les jours la même chose pendant un mois, c'est mauvais pour la santé (merci pour le scoop).
Je ne dis pas que le monde manque de documentaristes talentueux et rigoureux, ni que sans Michael Moore, le Monde Libre sombrera définitivement dans la désinformation et le triomphe du Grand Méchant Capital. Mais ces mêmes documentaristes font-ils des films aussi universels, immédiatement plaisants et, au final, efficaces ? Pas si sûr.


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