Vrai film de fan,
Debil Dead est bien plus qu’une parodie un peu facile de
Evil Dead 2 ou de
Highlander. C’est un pur fantasme enfin devenu réalité (franchement, qui n’a jamais rêvé de voir Bruce Campbell/Ash versus Christophe Lambert/Connor MacLeod ?), un véritable hommage, aussi irrévérencieux que respectueux à tout un pan du cinéma fantastique, à une époque aussi, les années 80, où les films étaient moins formatés qu’aujourd’hui, plus fous surtout. Cross-over irrésistible, anglicisme décidément très à la mode depuis l’incroyable
Batman : Dead End de Sandy Corolla,
Debil Dead est une exception culturelle à lui tout seul. Où comment un jeune réalisateur carburant aux films de genre en tous genres, a réussi un petit coup de maître avec à peine une poignée d’euros.
-> Télécharger le court-métrage Debil Dead !-> Site officiel du réalisateur Pierre FernandezQu’est-ce qui vous a mené à réaliser Debil Dead ? Pierre Fernandez : À l’origine – et pour remonter très loin – il y a ma passion pour le dessin et notamment pour les caricatures. J’en fais depuis mon enfance, en fait. Je passais mon temps à caricaturer les acteurs de mes films préférés, histoire de me les repasser en boucle. Progressivement, je suis passé du dessin à la sculpture. Pour moi, l’évolution vers le volume semblait logique, presque naturelle. D’autant plus que la sculpture me permettait d’aller plus loin encore dans le rendu des détails que le dessin.
Après des études en arts plastiques et de cinéma à Montpellier, je suis monté à Paris afin de réaliser mes propres projets. Bien sûr, ça ne s’est pas tout fait passé comme je l’espérais. J’ai frappé à je ne sais combien de portes, toujours sans succès.
Comme je n’avais pas les moyens nécessaires pour tourner un film avec des comédiens et une équipe technique, j’ai commencé par faire des petits essais en animation avec un ami maquettiste. On s’est lancé et puis ça a donné Les aventures de Han Solo, une parodie de Star Wars. On l’a fait sans aucun moyen. C’était quasiment tourné monté avec de la VHS-C à 4 images/secondes. Autant dire que l’animation était loin d’être fluide. Avec le recul, je suis moi-même étonné qu’on en soit arrivé à bout. Je l’ai montré à pas mal de gens et là encore il s’est passé beaucoup de temps, quelques années même, avant que je ne trouve une structure de production qui m’aide à financer mon projet suivant. Le plus drôle dans cette histoire (enfin, façon de parler) c’est que j’ai fini par la trouver à Montpellier, ville que j’avais justement quittée pour pouvoir faire du cinéma à Paris. C’est donc grâce à la production Faux Raccord que j’ai pu monter et faire Debil Dead. Dès le départ, ils y ont cru. Surtout, ils ont tout de suite compris qu’il s’agissait d’un hommage et non d’une parodie grossière. Leur réaction a été tellement enthousiaste et positive que j’ai refait le story-board avec plus de mouvement de caméra, plus de plans et beaucoup plus de gags surtout.

J’imagine qu’on a déjà dû vous le demander un bon millier de fois mais pourquoi Bruce Campbell et Christophe Lambert ? Bon, ça va peut-être surprendre, mais en tant que fan du premier Highlander je me suis toujours demandé comment un « immortel » pouvait mourir lorsqu’on lui coupait la tête. C’est de cette interrogation un peu farfelue et ultra-existentielle que je suis parti. Très vite, je me suis aperçu que ça ne pouvait fonctionner que s’il se retrouvait face à un adversaire de taille. Je me suis dit que ce serait drôle de se faire affronter un tueur de morts- vivants et un immortel au strabisme prononcé. J’ai tout de suite pensé à Bruce Campbell car c’est vraiment un acteur de cartoon, capable des mimiques les plus incroyables. Ce qu’il fait dans
Evil dead 2 est absolument hallucinant. Il faut le voir se contorsionner dans tous les sens, avec ce regard fou : c’est à mourir de rire. Au départ, c’est donc un vrai film de fan fait pour les fans. Avec plein de clins d’œil, certains évidents et d’autres, plus difficiles à repérer.