Par - publié le 28 juillet 2009 à 09h00 ,
MAJ le 26 septembre 2009 à 02h52 - 0 commentaire(s)
Et si le gendre idéal hollywoodien était doté d’une filmographie plus complexe que son image publique lisse ?

Les Coulisses du pouvoir (1986), de Sidney Lumet : Très classe
Quelques années après avoir décortiqué le pouvoir médiatique tel qu’il se pratiquait dans les 70’s avec Network, Sidney Lumet revient à la charge en parlant cette fois-ci de l’image en politique via le portrait d’un Spin doctor. Le trait était peut-être un brin forcé pour l’époque, mais il résonne étonnamment juste dans celle actuelle où les hommes de l’ombre du pouvoir, leurs stratégies et tactiques, ont pris un rôle prépondérant. Le film-culte d’Henri Guaino et Claude Guéant ?



Cry Freedom – le cri de la liberté (1988), de Richard Attenborough : Gentiment classe
Il n’y a que les fans européens de Peter Gabriel pour se rappeler de Steven Biko, l’activiste sud-africain mort en détention, à qui il avait consacré une chanson. Le film de Richard Attenborough se lance carrément dans un hymne anti-apartheid. Avec des moments forts quand il filme les townships, beaucoup moins quand il transforme en suspense l’exfiltration d’un journaliste blanc du pays. Au final pas mal de pathos pompier paternaliste. Et une très belle B.O.

The Mighty Quinn (1989), de Carl Schenkel : Jamaïquement classe
Le pote d’enfance d’un chef de la police jamaïcaine le met dans la mouise suite à un meurtre et la disparition d’une valise pleine de dollars. The mighty quinn n’a pas beaucoup plus d’intérêt qu’une chouette série B à l’ancienne, mais pas moins quand elle joue d’un casting inattendu (Washington donc, mais aussi Mimi Rogers, M.Emmet Walsh, Sheryl Lee) et d’une dépaysante nonchalance exotique. Jonathan Demme aurait surement obtenu mieux du même scénario, mais Schenkel ne s’en tire pas si mal.



Glory (1990), de Edward Zwick : Historiquement Classe
Au moment ou au nom du politiquement correct, certains – Spike Lee, George Lucas et son Red Tails à venir- deviennent pénibles avec leurs leçons de morale autour du rôle des soldats noirs dans l’histoire américaine, Glory rappelle qu’ils ont un énorme train de retard. En 1989, Glory ouvrait déjà le débat en racontant les faits et gestes d’une des premières sections noires de l’armée US, pendant la guerre de sécession. Ed Zwick ayant l’intelligence de ne pas mettre la portée sociopolitique de son sujet en avant, n’oubliant pas que c’est souvent en sous-main que passent les idées – en l’occurrence derrière un bon film de guerre- et pas en les énonçant à coup de marteau.


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