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Die Hard et John McClane : le rôle légendaire

Par Anne Louise ECHEVIN - publié le 11 juin 2010 à 09h00 ,
MAJ le 11 juin 2010 à 09h20 - 0 commentaire(s)
Le nom de Bruce Willis éveille dans nos mémoires de nombreux films, une gueule, une allure, un charisme débordant, une bête d'action à l'humour et à l'autodérision imparables. N'ayons pas peur des mots : la légende de Bruce Willis s'est construite à travers des rôles forts et emblématiques... Et très souvent des rôles de flics. Parfois semblables, souvent différents et extrêmement nuancés. Pour Top Cops, l'acteur ressort le flingue et le badge de policier. L'occasion de revenir sur quelques uns de ses rôles cultes au service de la loi et de l'ordre, mais qui ont souvent entraînés pas mal de désordre.

 

En regardant la très longue filmographie de Bruce Willis, la place qu'ont tenu les « cop movies » est frappante. Toutefois, certains ont été bien plus marquants que d'autres, qui n'ont guère été que des relectures, souvent moins efficaces, de personnages déjà existants. Il ne s'agit pas, ici, de tirer le portrait de l'ami Bruce tout puissant, mais plutôt de s'intéresser à quelques-uns de ses personnages (de John McClane à Hartigan, en effleurant Joe Hallenbeck ou Jack Mosley). Qui sont souvent beaucoup de lui-même.
 
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Die Hard : John McClane, l'action hero classe et cool

 

Si quelqu'un dans la rue vous arrêtait, en vous demandant de nommer là, dans l'instant, le rôle le plus emblématique de Bruce Willis, une réponse vous viendrait directement aux lèvres, mettant tous vos petits neurones en éveil et vos souvenirs en ébullition : « Bruce Willis ???? Mais c'est John McClane ! ». Et vous considéreriez cette personne d'un œil goguenard avant de reprendre votre route, non sans murmurer avec délectation un bon « yippee-ki-yay, motherfucker ! ».

 

Car on ne plaisante pas avec John McClane : ce mec, c'est un héros mais avant tout un anti-héros, un pur et dur qui saigne et morfle sévèrement à chaque film, insolent et fun mais diablement cynique et désabusé, capable de dézinguer toute une batterie de terroristes, à mains nues pour commencer, avant de les narguer avec un délectable « maintenant, j'ai un flingue, hohoho ! »... Tout en n'appréciant pas spécialement tuer.
 
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John McClane, c'est celui qui a (presque) sauvé le monde parce qu'il se trouvait toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. Bref, c'est le type le plus malchanceux de l'univers, mais, nom de Zeus (pas le dieu grec, l'autre), qu'est-ce qu'on aime sa malchance chronique !

 

« Ouais il y a une autre possibilité. C'est que je te mette la main dessus, que je t‘en colle une et que je foute en l'air ton beau plan. T'en dis quoi, tête de nœud ? »

 

John McTiernan, réalisateur vénéré de Piège de Cristal et d'Une Journée en enfer, a décrit John McClane comme étant « un pauvre gars en chaussettes blanches et tricot de corps qui n'abandonnera pas ». Pauvre gars ? Le terme est un peu fort, mais McClane est l'un des grands anti-héros marquants du film d'action. Non, du Cinéma tout court. Il faut dire que la vie de l'ami John n'est pas des plus envieuses : il possède de gros soucis de famille, entre sa femme qui veut divorcer, et plus tard sa fille qui ne veut plus lui parler. Mais, comme si cela ne suffisait pas, les femmes de sa vie passent leur temps à se faire kidnapper et séquestrer par des terroristes en tout genre ! Alors, forcément, avec tous ses soucis sur le plan personnel, John McClane compense comme il peut : une bonne cuite et trois paquets de clopes par jour, voilà qui aide à tenir. Franchement : qui aimerait avoir tous les soucis personnels de l'ami John ? Personne ? On est d'accord.

 

« Quand est-ce que j'aurai droit à un Noël normal moi ? Vous savez, le sapin, la dinde, le feu de cheminée en famille ? Mais non, on est si bien dans une putain de conduite d'aération ! »

 

Mais pourtant, malgré ses problèmes, on aime John McClane, qui agit sur nous comme un anti-dépresseur imparable. L'achat d'un DVD de la saga Die Hard devrait presque être remboursé par la sécurité sociale. Pourquoi ? Parce que, outre le fait que ses soucis lui donnent une véritable dimension humaine, une sorte de fragilité qui manque à beaucoup d'action heroes, le flic a le don de considérer tout ce qui lui arrive avec un cynisme mordant et une ironie délectable. Il a conscience de l'absurdité et de l'énormité des situations dans lesquelles il se retrouve, et qui s'en plaint délicieusement à voix haute... John McClane, c'est le mec conscient de faire des trucs incroyables mais finalement totalement absurdes. Et qui ne joue pas au héros pour être un héros, mais simplement parce qu'il n'a pas le choix : entre botter des culs ou se faire botter le cul, le choix est vite fait.

 

« - Qui que vous soyez, attention, cette fréquence est exclusivement réservée aux urgences.
- Sans blague ! Et vous croyez que j'appelle pour commander une pizza ? »

 

Là où John McClane nous épate encore une fois, c'est dans sa capacité à se moquer de ses ennemis, qui ne sont pas tous des tendres... Loin de là ! Il faut dire que le flic a le don de savoir comment énerver et irriter au plus profond ceux qui l'ont cherché. Il y a des gens, comme ça... Et avouons que pour le spectateur, bien installé dans son fauteuil et qui n'a pas à faire exploser à lui tout seul un avion, cette attitude bravache est totalement réjouissante. Le personnage ne manque pas d'une certaine arrogance, mais qui se manifeste par sa vision extrêmement sarcastique de ce qui se passe. Il faut toujours prendre la vie avec humour, parait-il.

 

A côté de cela, John McClane a aussi le don de rendre dingue ses supérieurs, souvent des incapables chroniques qui ne pigent rien à rien. L'ami McClane a donc appris à ne plus écouter les ordres, s'attirant donc, en plus de la haine de ses ennemis, la foudre de ses collègues. Qui finissent bien, à un moment ou à un autre, par regretter de l'avoir considéré comme un guignol.

 

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Mais ne réduisons pas John McClane à un mec bourré de problèmes qui nous fait bien marrer. Car le bonhomme est quand même la terreur des terroristes du monde entier : il sait se battre même s'il avoue avoir un problème avec le kung-fu, il sait manier les armes et considère la voiture comme un bon équivalent aux flingues, il assomme (ou plus) ses ennemis à tour de bras tout en défendant toujours la veuve et l'orphelin. Il est amusant de constater que les bad guys de Die Hard aiment à le surnommer « cow boy » ou « John Wayne ». Mais il est vrai que John McClane est la réincarnation moderne, en un sens, du mythe du cow boy. Un mec qui a ses principes, mais qu'il ne faut quand même pas chercher. Parce que vous risquez de le trouver !

 

« - McClane ! Je croyais vous avoir déjà tué.
- Oui je sais, on me le dit souvent. »

 

La franchise Die Hard regroupe certainement les meilleurs films d'action venus d'Hollywood (chacun pensera ce qu'il veut sur le quatrième opus). Car notre anti-héros cabotin, malchanceux et cynique nous a offert des séquences d'anthologie. Il est quand même l'une des rares personnes à avoir défait un commando terroriste après s'être rentré un morceau de verre de la taille d'un pare-brise dans le pied, ou à avoir abattu un avion de chasse à la main (too much, oui...). Tout le talent de John McClane « Action Hero » a surtout pu s'exprimer dans le génialissime Une Journée en enfer (grâce à la présence d'un méchant ultra charismatique, et à celle de l'acolyte malchanceux), qui a fait exploser tout New York et la Banque Nationale dans un film absolument réjouissant.

 

Mais au-delà de ses prouesses physiques et de son sens de la déconne (développé par Bruce depuis Clair de Lune), John McClane reste définitivement un mec bien humain, qui ne peut supporter l'idée de voir ses proches en danger, et qui n'hésite pas à sérieusement morfler pour les idées. A chaque fin de film, il finit par s'en sortir, certes, mais un petit tour à l'hôpital s'avère indispensable. Physiquement, John McClane s'en prend plein la tête (et pas que). Il transpire, boite, souffre, saigne... Qu'on se le dise : il n'est pas un T-800, et sa carrure d'armoire normande ne l'empêche pas de se faire sérieusement mal.

 

« Sur neuf millions de terroristes dans le monde, j'en tue un et il a les pieds plus petits que ma sœur !! » 

 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur John McClane, ou encore beaucoup de ses répliques à citer. Concluons en précisant que ce personnage a eu une influence majeure sur de nombreux autres rôles de Bruce Willis, comme dans Le Bon Samaritain, Piège en Eaux Troubles, voire même Le Cinquième Elément... Une chose est certaine : les copies n'ont jamais égalé ni surpassé l'original. « Yippee-ki-yay, motherfucker ! »

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