Dossier : 10 Dvd Asiatiques Indispensables [page 10]
Par Kevin Prin - publié le 08 juin 2006 à 11h00 , MAJ le 24 septembre 2009 à 17h58 - 0 commentaire(s)
Ghost In The Shell 2 : Innocence
On aurait pu choisir le premier Ghost In The Shell, véritable classique culte et effectivement indispensable en DVD. Mais il est bon de profiter de l'occasion pour remettre un coup de projecteur sur sa suite, véritable merveille esthétique en avance de 20 ans sur tout le reste de l'animation mondial. Malheureusement l'édition proposée par Universal propose en plus d'un packaging ignoble, une misère de bonus. Les plus fortunés d'entre vous se tourneront vers l'édition "internationale" sortie au Japon (zone 2 !) et proposant du DTS ES 6.1 et des sous-titres français, le tout dans un magnifique boîtier métallique.
Image : 9/10 On ne le répètera jamais assez, mais Ghost In The Shell 2 : Innocence est une merveille d'esthétisme qui renvoie tous les dessinateurs d'animation d'aujourd'hui à leurs études (Miyaza-qui ?). Non pas que ces dessinateurs soient mauvais, beaucoup sont même de très haut niveau voire des génies, mais Mamoru Oshii a atteint un summum qui dans la logique de l'évolution du dessin animé n'aurait dû arriver que dans quelques dizaines d'années.
Bref, à anime magnifique, il fallait un transfert magnifique en DVD. Ce qui est heureusement le cas ici. Le master est immaculé de tous défauts, et le transfert se montre d'une solidité supportant le moindre détail dans chaque plan surchargé d'éléments graphiques. On n'aurait pas aimé être à la place de l'ingénieur d'encodage chargé de ce film...
Quoiqu'il en soit, le résultat est à la hauteur des espérances, porté par une définition millimétrique, une riche palette de couleurs (légèrement moins chaleureuse qu'en zone 2 japonais, mais ce n'est très grave), et une compression parfaite.
Son : 9/10 Les films de Mamoru Oshii mixés en 5.1 d'origine ont toujours eu comme caractéristique leur finesse. Si les premières minutes d'Innocence surprennent par leur calme malgré quelques actions à l'écran, la bande son se réveille soudainement et le spectacle sonore se montre renversant. A la moindre fusillade, bousculade, course poursuite, le caisson de basse se voit allégrement utilisé et la spatialisation des effets arrive à surprendre. Des passages démonstratifs en parfait complément de ceux plus calmes, où le mixage 5.1 se charge de créer une ambiance prenante à l'aide de toutes les enceintes.
La piste sonore japonaise possède un niveau artistique exceptionnel, mais également démonstratif pour ceux qui veulent faire exploser leurs enceintes.
La piste française quant à elle n'a pas à rougir en terme de dynamisme, le caisson de basse étant tout autant sollicité. Néanmoins nous perdons un peu en finesse des effets, ce qui peut s'expliquer par un débit inférieur (384kbps contre 448 sur la vo). Mais regarder le film en version française a néanmoins un avantage : pouvoir se concentrer sur les images – magnifiques – et profiter pour une fois d'un doublage de bonne qualité sur un film d'animation japoanaise.
A noter pour les férus de version originale sous-titrée que les sous-titres de ce zone 2 sont largement plus petits que ceux du zone 1 qui envahissaient l'image et gâchaient complètement le spectacle artistique du film. Ne serait-ce que pour cette raison, il est justifié de jeter son import pour racheter l'édition française, d'autant que les suppléments sont identiques.
Interactivité : 6/10 On commence avec un énorme coup de gueule concernant la jaquette du DVD, reprenant l'affiche française et américaine, hideuse à souhait, et trahissant totalement la beauté du film pour le faire passer pour un vulgaire anime de bas étage. Nul !
Le menu principal du DVD est animé, classique, et ses pages secondaires fixes et muettes. Rien d'exceptionnel.
Commentaire audio : Deux intervenants pour ce commentaire : le réalisateur Mamoru Oshii et le directeur de l'animation Toshihiko Nishikubo. Passé quelques premières minutes pas forcément très intéressantes, les deux collègues prennent un réel plaisir à parler du film et des scènes défilant sous nos yeux, que ce soit pour évoquer leur genèse, la mise en scène, leurs inspirations, difficultés et satisfactions. Ce serait mentir de dire que ce commentaire est riche, les propos n'étant finalement pas très approfondis, mais il n'en demeure pas moins sympathique et instructif. Le tout dans la bonne humeur.
Le commentaire audio... Making of (16mns01) Si la durée de ce seul making-of sur le DVD est forcément frustrante, il n'en demeure pas moins très intéressant. Sur les chapeaux de roue, on trouve ici une multitude d'informations, de réactions de l'équipe technique, d'interviews, d'images de la préparation du film jusqu'au Festival de Cannes. Une sorte de best-of qui laisse rêver de suppléments plus approfondis (présents sur l'édition DVD japonaise), ponctué tout de même de moments forts.
Ainsi l'on découvre Mamoru Oshii briefer ses acteurs, leur expliquant quel type d'émotions il veut retrouver dans son film, ou encore l'enregistrement de la musique du film, notamment celle de la scène dans la maison de poupée, qui nécessita un enregistrement en studio puis un second enregistrement en "milieu naturel", dans une énorme bâtisse au mur de pierre pour recréer l'écho... On n'échappe forcément pas à la philosophie sur les chiens par Mamoru Oshii, toujours aussi passionnante et censée surtout qu'il la rattache cette fois-ci au concept des poupées, symbolique des "humains qui se créent eux-mêmes"centrale au film. On retiendra également le dur labeur qu'a été le travail des animateurs et dessinateurs, certains n'hésitant pas à se plaindre devant la caméra.
Un joli making-of, trop court encore une fois, se finissant sur l'échec du film au Festival de Cannes 2004, et la très humble morale que l'équipe en a tiré.
Voilà, c'est tout, vous pouvez pleurer devant le collector japonais 2-DVD sans aucun sous-titre et qui ne sortira sans doute jamais en France. Pour se consoler il reste la bande-annonce américaine de Millenium Actress, et la magnifique japonaise de Ghost In the Shell 2 d'une durée de cinq minutes, gardant l'aspect onirique du film.